Le projet d'accord révisé sur le Brexit conclu entre les négociateurs britanniques et européens peut être approuvé dès ce jeudi par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, a estimé le négociateur des 27, Michel Barnier. "Nous avons tout fait, y compris ces derniers jours pour qu'ils (les leaders européens, ndlr) soient en mesure d'apprécier positivement dès aujourd'hui le résultat de cette négociation", a affirmé M. Barnier lors d'une conférence de presse.

Etayant son propos, le négociateur français a souligné qu'il n'y avait pas "réellement de surprises" dans le texte "juste et raisonnable" agréé entre les deux parties.

Il y a, certes, "quelques éléments nouveaux, en particulier sur la frontière irlandaise et la déclaration politique", mais les Etats membres ont été constamment informés de ces évolutions au cours des derniers jours, tout comme le fut le Brexit steering group du Parlement européen, a-t-il précisé.

La question des contrôles douaniers entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, province britannique, après le divorce était la principale pierre d'achoppement des discussions.

Le compromis finalement trouvé établit des règles particulières pour les douanes concernant les marchandises arrivant en Irlande du Nord, qui reste dans le territoire douanier britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

Il met également en place un mécanisme de "consentement" des autorités nord-irlandaises sur la poursuite de l'application de certaines règles de l'UE dans la province britannique, après une période de quatre ans suivant la mise en œuvre de l'accord.

D'après M. Barnier, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est montré confiant dans sa capacité à obtenir le soutien de son Parlement samedi. Cette question s'avère cruciale alors que la Chambre des communes a précédemment rejeté à trois reprises un précédent accord entre les 27 et l'ancienne Première ministre britannique, Theresa May.

"Je suis sobre et prudent. Moi, j'ai fait mon travail", a lancé le Savoyard. "Il faudra bien qu'un jour dans cette assemblée on prenne ses responsabilités", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il n'entendait pas porter de jugement sur le processus politique britannique.

A Westminster, le parti unioniste nord-irlandais DUP, qui fait partie de la coalition parlementaire du gouvernement Johnson, a déjà affirmé qu'il n'avait pas l'intention de donner son feu vert au nouvel accord. Si cette position se confirme, les chances de Johnson d'obtenir l'aval de la Chambre des communes sont minces.

Si l'accord passe toutefois la rampe du Conseil européen, mais surtout celle du parlement britannique, l'hémicycle européen devra à son tour se prononcer.

Son président, l'Italien David Sassoli, a déjà assuré que l'assemblée jouerait son rôle. Un vote de ratification pourrait se tenir dès la semaine prochaine lors d'une plénière prévue à Strasbourg.

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