L'UE va temporairement restreindre les voyages non-essentiels vers son territoire, dans sa tentative de limiter la propagation du coronavirus sur le continent, a indiqué lundi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l'issue d'une vidéoconférence avec les leaders du G7 en présence du président du Conseil européen Charles Michel.

"Nous avons informé nos partenaires du G7 (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Italie et Japon, NDLR) que nous proposerons d'introduire une restriction temporaire des voyages non-essentiels vers l'UE", pour tenter de limiter la propagation du virus et également éviter une pression supplémentaire sur le système de santé européen, a développé Ursula von der Leyen en conférence de presse, aux côtés du Belge.

La mesure, qui devrait être sur la table mardi d'une réunion extraordinaire virtuelle des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 à partir de 17h00, vaudrait initialement pour une période de 30 jours. Cette période pourrait ensuite être prolongée. Des exceptions seraient prévues, entre autres pour les citoyens européens rentrant chez eux, ainsi que pour les travailleurs du secteur de la santé et les scientifiques travaillant à la recherche de remèdes au coronavirus, mais aussi pour les résidents de longue durée dans l'UE, les membres de la famille des citoyens européens et les diplomates.

"Les personnes transportant des marchandises sont également exonérées, parce que le flux de marchandises vers l'UE doit se poursuivre afin de garantir la fourniture d'articles essentiels tels que les médicaments, la nourriture et les composants dont nos usines ont besoin", développe la présidente de l'exécutif dans un message vidéo posté sur Twitter. "Les travailleurs frontaliers doivent également pouvoir rentrer".

"Pour être efficaces, ces restrictions devraient aussi être mises en oeuvre par les Etats associés de la zone Schengen", conclut-elle. Il s'agit de l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, qui ne sont pas membres de l'UE mais font partie de ce territoire dans lequel vaut normalement la libre circulation des personnes sans contrôles aux frontières.

L'Europe est confrontée depuis plusieurs jours à des appels pressants, de toutes parts, à davantage de coordination et de solidarité, alors qu'elle est devenue le cœur mondial de la pandémie de coronavirus depuis que la Chine voit ses contaminations fortement diminuer.

L'UE a déjà annoncé diverses mesures de soutien, entre autres sur le plan économique en permettant aux Etats de rediriger des fonds non-utilisés de la politique de cohésion, et sur le plan sanitaire via des passations conjointes de marché pour l'achat d'équipements de protection (masques, entre autres) ainsi que de kits de dépistage et d'appareils respiratoires.

Elle promet parallèlement de permettre aux Etats une flexibilité maximale dans le cadre des règles budgétaires de l'Union et en matière d'aides d'Etat, de façon à ce que chacun puisse agir en soutien des parties fragiles de son économie sans craindre d'être sanctionné. Et une équipe de scientifiques de haut rang est supposée guider les réponses à la crise, au niveau européen.

L'UE semble en revanche avoir été prise de court par les décisions unilatérales de toute une série d'Etats de rétablir des contrôles, voire des restrictions d'entrée, à leurs frontières, internes à l'espace Schengen. Lundi, des "lignes directrices" de la Commission, qui avaient été promises la semaine dernière, ont été communiquées aux Etats membres, accompagnées d'un appel insistant à assurer malgré tout une circulation optimale des biens (nourriture, médicaments, équipements, etc) dans le marché unique.