Ce veto de Varsovie et Budapest au fonds de relance de l'UE (750 milliards d'euros), qui forcerait aussi le budget 2021-2027 de l'UE à basculer dans des douzièmes provisoires peu généreux, est lié au mécanisme par lequel l'UE veut conditionner les fonds européens au respect de l'Etat de droit.

"Un compromis est possible. Nous avons encore des préoccupations importantes, mais nous espérons que ces dernières pourront être rencontrées lors de la réunion d'aujourd'hui", a déclaré M. De Croo.

Le mécanisme doit rester suffisamment solide dans sa mise en oeuvre. Il doit aussi pouvoir être lancé rapidement, a-t-on précisé dans l'entourage de M. De Croo, où l'on rejoint ainsi des préoccupations exprimées par le Premier ministre néenrlandais Mark Rutte.

La présidence allemande de l'UE s'est attelée ces dernières semaines à trouver un compromis pour rallier Pologne et Hongrie au mécanisme, sans toucher à un accord déjà dégagé entre le Parlement et elle. Il s'agira d'une déclaration annexe précisant les limites du mécanisme, ainsi que d'une sorte de manuel d'utilisation que va composer la Commission, en laissant d'abord le temps à un éventuel recours contre le mécanisme devant la Cour de justice de l'UE. Certains craignent un affaiblissement du mécanisme et un report aux calendes grecques.

Brexit

Alexander De Croo a également répété, à son arrivée au Conseil, ses espoirs d'un accord entre le Royaume-Uni et l'UE sur leurs relation post-Brexit. Mais il a prévenu qu'un mauvais accord serait pire qu'un "no-deal".

"Ce sont des heures, des jours décisifs", a-t-il commenté alors que le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont, mercredi soir, donné jusqu'à dimanche pour décider de la suite des événements.

"L'accès au marché intérieur de l'UE est une chose très importante, mais cet accès doit être octroyé sur un pied d'égalité, pour aujourd'hui comme pour demain", a souligné le chef du gouvernement fédéral.

D'aucuns évoquent ces derniers jours la possibilité que l'UE ne défende plus une convergence à la hausse vers ses normes et standards actuels et futurs, mais se contente d'une exigence de non-régression, avec possibilité de restreindre l'accès au marché si l'autre partie affaiblit la concurrence loyale. Le Brexit ne figure pas en toutes lettres à l'ordre du jour du sommet de ces jeudi et vendredi.