Ce n'est pas la première fois qu'un homme ou une femme fait son grand retour en politique après avoir affirmé ne plus jamais y toucher. Roselyne Bachelot fait partie de ceux-là. Après une pause de huit ans, la femme politique a accepté lundi de devenir ministre de la Culture au sein du gouvernement de Jean Castex. Une proposition qu'elle n'a pas pu refuser, selon son propre aveu.

Roselyne Bachelot fait en tout cas partie des grandes surprises de ce nouveau gouvernement. Non seulement parce qu'elle avait l'air de s'épanouir en tant que chroniqueuse et éditorialiste mais, en plus, car elle avait déclaré à plusieurs reprises ne plus vouloir faire de politique.

"Jamais, jamais"

En mai dernier, alors qu'elle était sur son téléphone en plein milieu des "Grosses Têtes" sur les ondes de RTL, elle s'était fait taquiner par son équipe qui lui avait demandé si quelqu'un était en train de lui demander de devenir ministre. "Mon Dieu, non. Attendez, mais c'est un cauchemar", avait directement répondu Roselyne Bachelot à Laurent Ruquier.

En 2017, toujours devant Laurent Ruquier, elle affirmait encore ne "jamais jamais" revenir en politique. "Je respecte mes engagements", soulignait-elle.

"C'est une décision irrévocable", ajoutait-elle au Huffington Post en décembre 2017, puis sur le plateau du Grand Journal en octobre 2016. "Les gens pensent que si on me faisait une proposition je l'accepterais. Et bien non". "Il faut que les choses soient irrémédiables, sinon elles n'ont pas de noblesse", disait-elle au Huffington Post. 

En février 2016, elle indiquait également à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV qu'à 70 ans elle se trouvait "trop vieille" pour faire son retour. "J'ai fait mon temps", expliquait-elle.

Mais, comme l'affirme l'adage, il ne faut jamais dire jamais.

Après avoir occupé le poste de ministre de la Santé et des Sports, puis celui de ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, sous Sarkozy, Roselyne Bachelot a fait son grand retour à la Culture, un domaine qui lui tient particulièrement à coeur.

Comment Jean Castex a-t-il fait pour la convaincre?

"Tout à coup,ça vous arrive, vous voyez le numéro du Premier ministre s'afficher sur votre portable", a expliqué la nouvelle ministre lundi soir à la Maison de la Radio, le siège social de Radio France. "Je connais Jean Castex depuis longtemps. Il me demande si je souhaite rejoindre l'équipe gouvernementale. Je réponds d'abord non. Et il me dit que c'est pour être ministre de la Culture. Là je lui réponds, 'tu me fais craquer'."

"Je me dis qu'il y a une opportunité incroyable à saisir, dans les circonstances actuelles sur cette politique culturelle. Les gens ont besoin de choses fortes et la culture, c'est vraiment quelque chose qui peut nous réunir et qui peut donner du sens dans une société qui cherche sa route. Quand le président de la République a dit ce matin qu'on allait trouver notre chemin, il a parlé d'économie, de social, d'environnement, mais il a mis la culture au même niveau que ces trois concepts. Je me suis dit que je ne pouvais pas me défiler".