Le 25 juillet dernier, la police a découvert plus de cent personnes en train de faire la fête dans un luxueux logement de Carlisle Street, dans le centre de Londres. Transformé en discothèque éphémère, avec un bar payant et des videurs, le logement avait été loué quelques jours plus tôt sur Airbnb. Il ne s'agit malheureusement pas d'un incident isolé puisque ce même logement a été utilisé de la même façon trois week-ends de suite durant le mois de juillet. A chaque fois, la police a dû intervenir à cause du tapage nocturne provoqué par plus de cent jeunes en train de s'amuser. Face à un tel mépris des règles mises en place pour gérer l'épidémie de coronavirus, la police a infligé une amende aux propriétaires du logement, qui ont été bannis d'AirBnb. Mais, comme l'explique le journaliste, ce logement est toujours disponible sur d'autres plateformes de location comme Booking ou Expedia.

Comme la Belgique, le Royaume-Uni a décidé mi-mars de fermer ses discothèques, plongeant les fêtards en plein désarroi. Las de ne pas pouvoir s'amuser comme avant, certains d'entre eux ont donc décidé de contourner les règles, en louant des logements et en les transformant en lieux de fête. Les propriétaires de ces logements espèrent quant à eux se faire un complément d'argent avec cette méthode. En juillet dernier, deux appartements ont accueilli une fête à Brewer Street. Après enquête, il s'est avéré que ces logements appartenaient à un restaurateur qui utilisait auparavant ces habitations pour loger ses employés.

Dans la cité de Westminster, qui couvre la plus grande partie du West End de Londres, les plaintes pour ce type de fêtes ont augmenté au fil des mois. Alors qu'il n'y avait eu qu'une plainte en mai, 12 ont été constatées en juin et 30 en juillet.

"Ces événements mettent des vies en danger"

"C'est une tendance dangereuse qui cause des perturbations importantes et met des vies en danger", a regretté Heather Acton, membre du cabinet chargé de la protection publique au conseil municipal de la Cité de Westminster. "Nous devons lutter contre ces locations à court-terme et ces événements musicaux qui mettent en danger les autres résidents de ces immeubles à cause du manque de distanciation sociale". Heather Acton a ainsi interpellé le ministre anglais du Logement, Christopher Pincher, qui a déjà reconnu que les plateformes de location devaient agir "de manière responsable".

Face à la polémique, AirBnb a modifié ses conditions générales en précisant qu'aucune fête ne pouvait avoir lieu dans les logements loués "jusqu'à nouvel ordre". Chez Booking, on affirme que l'entreprise a une "tolérance zéro" pour les activités illégales. Expedia, enfin, a expliqué prendre ce problème "très au sérieux". Mais pour les autorités de Londres, ce n'est pas suffisant. Certains aimeraient disposer de listes répertoriant toutes les locations en temps réel.

Ce n'est pas la première fois que la ville de Londres proteste contre ces plateformes de location. Selon AirDNA, une plateforme d'analyse, rien qu'à Westminster, 5.769 logements ont été mis en location au cours des 12 derniers pour une durée de plus de 90 jours, ce qui est contraire à la loi.