Sarah Everard, 33 ans, avait disparu le 3 mars 2021 alors qu'elle rentrait à son domicile après avoir passé la soirée chez des amis. Elle avait été aperçue par une caméra de surveillance à 21h30 ce soir-là, mais n'avait plus donné de signe de vie depuis. Très vite, la police londonienne lance un avis de recherche sur les réseaux sociaux, déclenchant une très forte mobilisation en ligne ainsi que le déploiement d'un important dispositif de recherche.

Un policier arrêté

Le 9 mars, la police de Londres arrête un agent de police. Le suspect, âgé d'une quarantaine d'années, fait partie d'une unité spécialisée, dans laquelle il était chargé d'effectuer des patrouilles autour de locaux diplomatiques, a précisé la police de Londres dans un communiqué. D'abord arrêté pour enlèvement, il devient rapidement soupçonné de meurtre. Une femme d'une trentaine d'année est elle aussi arrêtée, soupçonnée de complicité.

Le lendemain de son arrestation, le 10 mars, un corps est retrouvé dans un bois du Kent, au Sud-Est de Londres. La police a confirmé ce vendredi qu'il s'agissait bien du corps de la jeune femme. "Le corps a été retrouvé et une identification formelle effectuée. Je peux confirmer qu'il s'agit du corps de Sarah Everard", a annoncé le commissaire adjoint Nick Ephgrave, lors d'une brève déclaration devant Scotland Yard.

Un ras-le-bol

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes font part de leur sentiment d'insécurité dans l'espace public. Les internautes prennent la parole et partagent leurs propres histoires de harcèlement ou d'agression, mais aussi les moyens qu'elles mettent en œuvre pour rester en sécurité dans leur vie quotidienne, lorsqu'elles marchent, font de l'exercice ou se déplacent.

Dans cette publication, partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux et aimée par plus d'un million de personne, une jeune femme détaille : "Nous avons tous tenu nos clés entre nos doigts. Nous avons tous passé des appels téléphoniques, vrais ou faux. Nous avons tous mis nos cheveux à l'intérieur de nos manteaux. Nous avons tous couru dans les ruelles sombres. Nous avons tous pensé à nos itinéraires de fuite". "Ce qui est si insidieux, c'est que ces choses ne sont même pas ressenties comme des 'outils de sécurité spéciaux'. Il s'agit littéralement de comportements et d'actions ancrés que nous devons adopter depuis que nous sommes de petites filles", écrit-elle.

Dans un message publié sur Twitter, une journaliste écrit : "Ce qui est arrivé à Sarah Everard a touché de plein fouet tant de femmes, car nous faisons les mêmes calculs qu'elle tous les jours. Nous prenons le chemin le plus long et le mieux éclairé, nous écartons la peur pour écouter la voix qui nous dit 'Ne soyez pas stupide, vous avez le droit de rentrer seule chez vous le soir et d'être en sécurité'".

Selon la première ministre écossaise Nicola Sturgeon, qui a réagi à son tour, "il y aura peu de femmes - voire aucune - qui ne comprendront pas complètement et ne s'identifieront pas à cette situation".

Boris Johnson s'était quant à lui dit "choqué et attristé" par cette affaire. Une veillée est prévue ce samedi, "pour Sarah, mais aussi pour toutes les femmes qui ne se sentent pas en sécurité, qui disparaissent dans nos rues et qui sont confrontées à la violence chaque jour", écrivent les organisateurs de l'événement.