Ali Riza Polat, jugé pour "complicité" de crimes terroristes, avait été pris de vomissements le 28 octobre dernier puis testé positif au Covid-19 trois jours plus tard, ce qui a entraîné la suspension du procès.

Cette suspension avait été prolongée jusqu'au 23 novembre au moins, alors que M. Polat, incarcéré dans une prison parisienne, présente toujours des "troubles digestifs" incompatibles avec sa présence dans le box des accusés.

L'accusé a été une nouvelle fois examiné jeudi par un médecin, qui a conclu que "l'état de santé de l'intéressé n'est, à ce jour, pas compatible avec une comparution physique à l'audience mais que sa participation par visio-conférence est toutefois possible", a indiqué le président de la cour, Régis de Jorna, dans un message rendu public par le parquet antiterroriste.

Le magistrat a ajouté qu'il envisageait en conséquence de recourir à une ordonnance prise mercredi par le gouvernement "autorisant le recours à un moyen de télécommunication audiovisuelle devant l'ensemble des juridictions pénales", c'est-à-dire en permettant à Ali Riza Polat de suivre le procès par visioconférence.

"En conséquence, les audiences reprendront lundi 23 novembre à 9h30", a conclu le président de Jorna dans son message aux parties.

Cette décision intervient malgré l'appel de la mère d'Ali Riza Polat, qui a réclamé jeudi son transport à l'hôpital en raison de son état de santé "préoccupant".

"Avant que cela ne soit trop tard, mon fils doit être transporté à l'hôpital dès que possible pour subir des tests et examens et recevoir de toute urgence les soins nécessaires à l'issue du diagnostic", a demandé la mère de M. Polat dans une déclaration transmise à son avocate puis à l'ensemble des parties au procès.

"La santé et la vie d'Ali Riza Polat sont menacées", écrit encore sa mère dans sa déclaration consultée par l'AFP, regrettant par ailleurs que son fils soit "privé des soins de santé qui est un droit (...) fondamental".

"Je suis outrée qu'un garde des Sceaux (Eric Dupond-Moretti, NDLR) qui a passé une grande partie de sa vie comme avocat de la défense ose parrainer un texte qui va priver des accusés dans un procès d'assises de leurs droits de la défense", a fustigé Me Isabelle Coutant Peyre, qui défend Ali Riza Polat.