Le quotidien Kommersant a ainsi dénoncé l'incarcération de Sergueï Smirnov comme une "tentative d'intimider tous les autres journalistes" dans une tribune, appelant à sa libération immédiate, comme au moins une vingtaine de rédactions nationales et régionales comptabilisées par Mediazona.

La chaîne télévisée RTVI a elle jugé que cette arrestation témoigne du "niveau accru de pression contre les médias indépendants".

"Mais le problème ne se limite pas à la presse. Ces dernières semaines nous sommes devenus les témoins des actions extrêmement dures des forces de l'ordre contre les manifestants" favorables à l'opposant incarcéré Alexeï Navalny, a dénoncé Kommersant, détenu pourtant par un homme d'affaires proche du Kremlin.

Les policiers ont en effet à de nombreuses reprises frappés à coup de matraques à plusieurs des manifestants au sol ou des journalistes travaillant, sous les objectifs des caméras.

"Ce n'est pas parce qu'un action est illégale et non autorisée que cela justifie le recours excessif à la force", poursuit Kommersant.

Plus de 10.000 personnes ont été arrêtés au total les 23, 31 janvier et 2 février, en particulier à Moscou, lors de rassemblements pour la libération de M. Navalny.

En conséquence, les centres de rétention et commissariats moscovites sont surpeuplés de suspects et de condamnés en lien avec ces manifestations interdites, infraction passible de plusieurs jours ou semaines de prison.

M. Smirnov purge lui ses 25 jours de détention dans un centre de rétention pour migrants, faute de place ailleurs.

Selon l'ONG OVD-Info, qui comptabilise les arrestations et suit les procédures judiciaires, et de nombreux témoignages en ligne, les manifestants sont aussi parfois enfermés des heures durant, sans eau ou accès au toilettes, dans des fourgons cellulaires surpeuplés.

Un tribunal de Moscou a reconnu Sergueï Smirnov coupable d'avoir violé la loi sur l'organisation de manifestations en retweetant une blague sur sa ressemblance avec un rockeur russe qui lui affichait son soutien à un rassemblement à l'appel d'Alexeï Navalny.

L'opposant a lui été emprisonné mardi pour deux ans et huit mois pour avoir violé, selon les autorités, un contrôle judiciaire. L'affaire est largement considérée comme étant politique, malgré les dénégations des autorités.