Ce jeudi 4 mars, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran s'adressaient aux Français pour faire le point sur la situation sanitaire et annoncer l'évolution des mesures pour lutter contre le coronavirus. Confinement local, fermeture des lieux extérieurs à forte fréquentation, coup d'accélération de la campagne de vaccination… Plusieurs points ont été abordés lors de cette conférence de presse.

"La circulation du virus s'est accélérée depuis une quinzaine de jours et cette accélération est liée au variant anglais, qui représente plus de 60% des contaminations en France", a entamé Castex.

"Le nombre de contaminations chez les personnes les plus âgées est toutefois en baisse", indique le Premier qui y voit les premiers effets de la campagne de vaccination. Une bonne nouvelle qui ne doit pas masquer la forte pression sur les établissements de santé, estime-t-il. Les observations de la semaine dernière se confirment : la situation n'est pas la même dans toutes les zones du pays. Dans les 20 départements déjà mis sous surveillance renforcée, le virus a continué de progresser, sauf dans les Bouches-du-Rhône et en Moselle. La situation du Pas-de-Calais est, elle, particulièrement inquiétante.

Dans les départements des Hautes Alpes, de l'Ain et de l'Aube, on constate une telle progression du virus depuis une semaine qu'ils s'ajoutent à la liste des 20 départements sous surveillance renforcée. Il y en a donc maintenant 23.


Des nouvelles mesures pour le Pas-de-Calais :

  • Le confinement du week-end mis en place à Nice et à Dunkerque est maintenant également d'application sur l'ensemble du département du Pas-de-Calais. Une mesure valable dès ce week-end, du samedi 8h au dimanche 18h.
  • Les grandes surfaces commerciales non-alimentaires, de plus de 5000 m², seront fermées dans le Pas-de-Calais.

Dans les autres départements à risques, les observations ne justifient pas de prendre à ce stade des mesures similaires, selon Castex qui annonce tout de même de nouvelles mesures pour limiter les risques de regroupement dans l'espace public ou dans les grands magasins. Les grands centres commerciaux de plus de 10 000m², et non 20 000 m² comme c'était le cas jusqu'à présent, seront fermés. L'obligation du port du masque est étendue à toutes les zones urbaines des départements à risques où il n'était pas encore obligatoire. Les préfets sont invités, en concertation avec les maires concernés, à interdire ou à réglementer l'accès à certains sites très fréquentés pendant les week-ends. Les préfets pourront être amenés à interdire les manifestations organisées dans l'espace public, notamment pendant les week-ends, lorsqu'elles représentent un risque sanitaire avéré.

"Nous allons accélérer significativement la vaccination dans ces 23 départements", annonce Castex, qui rappelle encore une fois aux Français de limiter les contacts sociaux. Il demande également aux habitants des 23 départements sous haute surveillance de ne pas sortir, autant que possible, de leur département.

Pas de confinement général

Pourquoi ne pas imposer immédiatement un confinement total aux 23 départements à risques ? "Un confinement, même limité au week-end, est une mesure lourde", estime le Premier ministre. "Surtout que nous en avons déjà connu deux et que nous supportons encore un couvre-feu à 18h. Peut-être que l'évolution du virus nous y conduira dans quelques semaines, mais nous devons tout faire pour éviter cette solution ultime."

Où en est la vaccination chez nos voisins ?

Aujourd'hui, 3,2 millions de personnes sont vaccinées, dont 1,8 ont reçu leur deux doses. Il s'agit de personnes très exposées qui peuvent développer des formes grave du virus, c'est à dire des personnes âgées ou présentant des comorbidités.

Plus de 80% des personnes vivant en Ehpad ont reçu une première injection et 60% ont reçu leur deux doses. "Une première étape cruciale dans la lutte contre l'épidémie", insiste Castex. Cette situation va ouvrir la voie à un allégement des règles pour les personnes qui résident dans les Ehpad ou celles qui se trouvent dans les unités de soins de longue durée.

De manière plus générale, le Premier ministre a promis la vaccination d'au moins 20 millions de personnes d'ici mi-mai.

"Nous devrions avoir vacciné au moins 20 millions de personnes" d'ici mi-mai, soit tous les plus de 50 ans volontaires, a promis jeudi le Premier ministre Jean Castex. "D'ici l'été, nous aurons reçu suffisamment de doses pour avoir proposé la vaccination à 30 millions de personnes, soit les deux tiers de la population de plus de 18 ans", a ajouté le chef du gouvernement. Les personnes sans problème de santé particulier et qui ne travaillent pas dans le secteur des soins ne seront pas concernées par la vaccination avant la mi-avril.

"Nous en appelons à la mobilisation générale. Maires, soignants, hôpitaux, tout le monde doit être sur le pont, y compris le week-end, pour vacciner aussi vite que possible", insiste Castex. "Nous sommes entrés dans une course contre la montre contre l'épidémie."


Après cet appel à la mobilisation générale, Jean Castex a donné la parole à Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a insisté sur la vaccination en ville par les médecins et bientôt par les pharmaciens. "C'est un pilier de notre stratégie pour amener le vaccin au plus près de nos concitoyens. Entre la semaine dernière et celle-ci, plus de 800.000 vaccins ont été livrés aux médecins par l'intermédiaire des pharmaciens. En comptabilisant les commandes supplémentaires des médecins, plus d'1,5 million des personnes vont recevoir une première injection de la part de leur médecin." Un décret attendu demain va également permettre aux pharmaciens de vacciner en officine à partir de la mi-mars.