Depuis le début de la crise du coronavirus, le film Contagion, sorti en 2011, est de retour sur le devant de la scène. De nombreuses personnes se sont mises à le regarder, à tel point qu'il s'est retrouvé parmi les dix films les plus téléchargés sur iTunes en janvier 2020 aux États-Unis. Mais évidemment ce n'est pas tellement étonnant étant donné que le long-métrage de Stephen Soderbergh raconte presque exactement ce que nous vivons, soit l'apparition d'un virus très contagieux qui affecte les voies respiratoires.

Ce qui est plus intrigant par contre, c'est que Contagion a inspiré le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, pour établir la stratégie de vaccination du Royaume-Uni. En effet, il a expliqué s'être nourri de ce qu'il passait dans le film pour éviter de faire des erreurs dans son pays. "Dans le film, on voit que le moment de tension le plus élevé autour du programme de vaccination n’est pas avant son déploiement - lorsque les scientifiques et les fabricants travaillent ensemble à un rythme soutenu - c’est ensuite quand il faut établir un ordre de priorité", a analysé le ministre britannique lors d'une interview à la radio LBC, justifiant ainsi pourquoi le Royaume-Uni avait rapidement déterminer les groupes prioritaires pour le vaccin. "Nous avons donc demandé très tôt des conseils sur les personnes à vacciner en premier et nous avons rendu cela public immédiatement, pour qu'il n'y ait pas trop d'agitation autour de l'ordre de vaccination".

Être le premier à tout prix

De plus, le film Contagion a surtout poussé le Royaume-Uni à commander un nombre important de doses le plus tôt possible. "Je savais que la demande de vaccins allait être énorme une fois qu'ils seraient approuvés et que nous devions être prêts à vacciner tous les adultes de notre pays", a poursuivi Matt Hancock. Et de fait, le Royaume-Uni a été le premier pays à approuver le vaccin des firmes Pfizer et BioNTech, avant de lancer sa campagne de vaccination dans la foulée, tout début décembre, soit plus de trois semaines avant la Belgique. Ensuite, une fois que le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca a prouvé son efficacité, rebelote. Le ministre de la Santé a poussé le gouvernement à soutenir son développement et sa production au Royaume-Uni. Et les premières doses d'AstraZeneca ont été injectées chez des patients le 4 janvier dernier (alors que le pays était refaisait face à une progression alarmante du coronavirus et de son variant britannique), quatre jour après la validation de celui-ci par les autorités compétentes.

Depuis le lancement de la campagne de vaccination, qui a été "un franc succès" selon Matt Hancock, un adulte britannique sur cinq a déjà reçu sa première dose de vaccin. "C'est fantastique", a commenté le ministre de la Santé sur Twitter, ravi d'avoir pris les devants... en partie grâce au film Contagion. "Mais ça n'a pas été ma seule source d'inspiration", a-t-il tout de même précisé en rigolant lors d'une interview sur la chaîne ITV.