Les eurodéputés chargés d'étudier les déclarations d'intérêt des futurs commissaires européens ont refusé jeudi de donner leur feu vert à la Roumaine Rovana Plumb et au Hongrois Laszlo Trocsanyi, a-t-on appris de sources concordantes. Cela pourrait remettre en cause leur nomination pour siéger dans l'équipe dirigée par l'Allemande Ursula von der Leyen, censée entrer en fonctions le 1er novembre.

Mme Plumb (social-démocrate) et M. Trocsanyi (PPE, droite) étaient auditionnée dans la matinée par la commission "Affaires juridiques" du Parlement européen, pour s'expliquer sur des risques de conflits d'intérêt.

A l'issue de cette audition tenue à huis clos, une majorité d'entre eux ont refusé de leur accorder leur feu vert, ce qui pourrait bloquer leur procédure de nomination.

Deux lettres doivent être envoyées à Mme von der Leyen, dans lesquelles les eurodéputés exprimeront "leur préoccupation" en matière de conflit d'intérêt. "Personne n'est capable de prédire ce qui va se passer à ce stade", a déclaré lors d'un point presse Manon Aubry, députée de la Gauche unitaire européenne (GUE).

Comme chaque futur commissaire, la Roumaine et le Hongrois devaient en théorie être à nouveau entendus la semaine prochaine par les commissions parlementaires en lien avec leur portefeuille, qui ont le dernier mot sur leur nomination.

"Nous devons voir ce qui va se passer maintenant. Mais ce qui est clair, c'est que l'audience ne peut avoir lieu", a expliqué le porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch.

Mme Plumb, qui vise le portefeuille des Transports, devait jeudi matin s'expliquer sur deux prêts posant problème aux élus du Parlement. "Elle a été très faible" durant son audition, a expliqué une source présente dans la salle.

"Je n'ai rien fait de mal. J'ai toujours respecté et je respecte la loi. Je suis aussi transparente que possible parce que je n'ai rien à cacher. Rien!", avait déclaré Mme Plumb à l'issue de son audition, mais sans connaître la décision des eurodéputés.

M. Trocsanyi, qui brigue l'Elargissement, a, lui, été interrogé sur ses liens avec le cabinet d'avocat qu'il a fondé en 1991, avant de devenir ministre de la justice dans le gouvernement de Viktor Orban.