"La Cour a demandé à l'Azerbaïdjan et à l'Arménie de s'abstenir de prendre toute mesure, en particulier des actions militaires, qui pourrait entraîner des violations des droits des populations civiles garantis par la Convention, notamment en mettant en danger leur vie et leur santé", dit-elle dans le cadre de mesures provisoires publiées mercredi.

Elle leur a aussi demandé de se conformer à leurs engagements au titre de la Convention, notamment à l'article 2 (droit à la vie) et à l'article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) de la Convention.

La Cour réclame en outre aux deux parties de l'informer, dans les meilleurs délais, des mesures qu'elles auront prises pour s'acquitter de leurs obligations.

La demande de mesures provisoires avait été introduite lundi l'Arménie. Erevan voulait que la Cour exhorte Bakou à cesser les attaques militaires contre les populations civiles sur toute la ligne de contact des forces armées d'Arménie et d'Artsakh (autre nom du Nagorny Karabakh, territoire séparatiste azerbaïdjanais soutenu par l'Arménie), de cesser "les attaques aveugles" et d'arrêter de "cibler la population civile ainsi que les biens civils et les agglomérations."

Cependant, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a jugé prématurée mercredi l'idée de pourparlers avec l'Azerbaïdjan, sous l'égide de la puissance régionale russe, au quatrième jour d'affrontements sanglants au Nagorny Karabakh. Le Conseil de sécurité de l'ONU, pour sa part, a réclamé dans une déclaration unanime un "arrêt immédiat des combats".

Depuis dimanche, les forces de l'enclave séparatiste, soutenue politiquement, militairement et économiquement par l'Arménie, et celles de l'Azerbaïdjan s'affrontent dans les combats les plus meurtriers depuis 2016.

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