Des centaines de demandeurs d'asile se sont rassemblés dimanche à l'entrée du camp surpeuplé de Moria, sur l'île de Lesbos, après avoir été informés du transfert imminent de 392 personnes vers la Grèce continentale, a constaté l'AFP. 

Deux groupes de 142 et 250 personnes "vulnérables" devaient être transférés dimanche à bord de ferries de Lesbos, en mer Egée, vers le port du Pirée près d'Athènes, a-t-on appris de source policière locale.

Il s'agit du premier transfert massif de demandeurs d'asile du camp de Moria depuis le début du confinement imposé par le gouvernement grec le 23 mars pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus.

Le dernier transfert massif avait eu lieu le 20 mars: 600 personnes avaient alors quitté les camps des îles, avant deux groupes moins nombreux quelques jours plus tard.

La surpopulation des camps installés sur cinq îles de la mer Egée, dont Lesbos, est un casse-tête pour le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis.

Au total, près de 37.000 personnes vivent dans des conditions épouvantables dans ces camps, dont la capacité n'est que de 6.200 places.

Surnommé "la jungle", le camp de Moria abrite 19.300 personnes, plus de six fois sa capacité.

Le plan de décongestionnement des camps a connu un nouveau retard après l'apparition de la pandémie et les mesures de restriction en vigueur jusqu'à lundi.

Outre les 392 personnes qui vont quitter Lesbos dimanche, 2.000 seront transférées graduellement dans les semaines à venir vers la Grèce continentale.

Au cours du premier trimestre, 10.000 personnes ont quitté les îles pour le continent, a récemment indiqué le ministre des Migrations et de l'Asile, Notis Mitarachi.

De nombreuses ONG de défense des droits de l'homme, dont Human Rights Watch, ont appelé le gouvernement grec à décongestionner "immédiatement" ces camps, craignant une crise sanitaire.