Plus de 500 tracteurs décorés de drapeaux danois ont traversé la capitale, passant notamment devant le siège du gouvernement et du Parlement de Christiansborg, avant de se regrouper dans le port, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le gouvernement de la Première ministre Mette Frederiksen avait dû reconnaître que sa décision d'abattre l'immense cheptel danois - plus de 15 millions de visons élevés pour leur fourrure - n'avait pas de base légale pour les animaux non contaminés par le nouveau coronavirus, suscitant la colère des éleveurs.

"Ce n'est pas juste ce qu'il s'est passé pour les éleveurs (...) Maintenant tout le secteur va devoir fermer", a déploré auprès de l'AFP Daniel, 19 ans, employé dans un élevage du centre du Danemark.

"Mette, tyran totalitaire et têtu" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, ainsi que de nombreux appels à respecter la Constitution.

L'exécutif a présenté ses excuses et le ministre de l'Agriculture a démissionné mercredi. Mais le projet demeure d'abattre tous les visons par précaution sanitaire, via un projet de loi interdisant leur élevage jusqu'en janvier 2022.

Un défilé similaire, d'environ 400 tracteurs, s'est tenu samedi à Aarhus, la deuxième ville du pays située dans le Jutland (ouest), selon les organisateurs. C'est dans cette région que se concentre la plus grande partie du millier d'élevages du Danemark, qui compte trois fois plus de visons que d'habitants.

Ce petit pays scandinave de 5,8 millions d'habitants est depuis des décennies l'improbable premier exportateur mondial de peaux de visons, destinées au marché de la fourrure.

Or l'animal pose des problèmes dans la lutte contre le Covid-19: on sait depuis plusieurs mois qu'il peut non seulement contracter la maladie, mais aussi réinfecter l'humain.

Des abattages d'élevages atteints par le Sars-Cov-2 avaient déjà eu lieu depuis cet été. Mais Copenhague avait sonné l'alarme début novembre après la détection d'une souche, "Cluster 5", qui risquait en cas de diffusion d'affecter l'efficacité des très attendus vaccins contre le Covid-19.

Outre un abattage généralisé, d'importantes restrictions avaient été décrétées en Jutland du Nord, la région où la souche avait été détectée chez 12 personnes, dont la contamination remontait à août et septembre.

L'alerte est retombée depuis: aucun nouveau cas de cette souche n'a été enregistré chez l'homme ni l'animal et le gouvernement a annoncé jeudi que la mutation problématique était "très probablement éteinte".