L'Italie, pays au monde le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus, a enregistré lundi de nouveaux signes encourageants sur la contagion, après près de trois semaines de confinement de sa population.

Le confinement imposé aux 60 millions d'Italiens depuis près de trois semaines, sera "prolongé au moins jusqu'à Pâques", a annoncé lundi soir le ministre italien de la Santé Roberto Speranza.

"Lors de la réunion du Comité scientifique et technique de ce matin, il a été estimé que toutes les mesures de confinement devraient être prolongées au moins jusqu'à Pâques. Le gouvernement va aller dans cette direction", a déclaré le ministre de la santé Roberto Speranza. Les fêtes de Pâques s'achèvent le lundi 13 avril, férié en Italie.

Les autorités sanitaires ont encore annoncé un bilan quotidien de 812 morts lors des dernières 24 heures, ce qui porte à plus de 11.500 le nombre total de décès. Mais la hausse des nouveaux cas positifs recensés n'a jamais été aussi faible, avec une augmentation de +4%, moitié moins qu'il y a quatre jours (8,3%) et quatre fois moins qu'il y a quinze jours.

Surtout, pour la première fois depuis le début de la pandémie en Italie, le nombre de personnes actuellement positives en Lombardie, la région la plus touchée, a baissé (25.006 contre 25.392 dimanche), même si cette diminution devra être répétée pour dessiner une tendance solide.

Par ailleurs, jamais le nombre de personnes considérées comme guéries dans l'ensemble du pays (1.590) n'a été aussi fort dans un bilan quotidien.

"Nous pouvons espérer atteindre le pic dans 7 ou 10 jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion", a déclaré lundi matin le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri.

"En Lombardie, nous observons une diminution du nombre de cas, mais surtout de la pression sur les urgences et sur l'action des ambulances. Ces quatre derniers jours ont beaucoup changé. C'est le signe que le grand effort que nous faisons, fonctionne", s'est de son côté félicité Giulio Gallera, responsable de la Santé en Lombardie.

"Nous assistons à un aplatissement de la courbe, il n'y a pas encore de signes de descente mais c'est mieux. Les mesures importantes qui ont été prises montrent leurs effets", s'est également félicité lundi matin dans la Repubblica Silvio Brusaferro, patron de l'Institut supérieur de la santé (ISS).

Mais il a appelé à poursuivre les efforts pour confirmer cette tendance: "Il faut respecter les mesures du gouvernement et faire très attention à l'isolement des positifs ou de leurs proches", a-t-il insisté.