Alors que le coronavirus a connu une spectaculaire progression ces dernières heures, passant de 6 à près de 150 cas dimanche, l'Italie cherche à comprendre comment le virus s'est introduit sur son territoire. Le patient 1, un dénommé Mattia, a été identifié. Mais qui est le patient zéro ?

Le patient 1 pour la Lombardie est un homme de 38 ans, Mattia, cadre de la multinationale anglo-néerlandaise Unilever qui a un site important près de Codogno, à Casalpusterlengo, où 120 des salariés sur 160 ont été testés. Codogno, une ville de 15.000 habitants à environ 60 km de Milan, est le principal foyer de l'infection en Italie.

Mattia est un sportif aguerri, qui fait partie d'un groupe local de course à pied et qui a déjà couru plusieurs marathons. Il a involontairement contaminé sa femme enceinte de 8 mois, un ami avec qui il joue au football, trois habitués d'un bar qu'il côtoie ainsi que des médecins et du personnel de l'hôpital où il a été admis. L'homme se trouve aujourd'hui aux soins intensifs de l'hôpital de Pavie, d'après Le Parisien. Son état de santé précis n'est pas connu. Sa femme, elle, est hospitalisée à Milan.

Mystère: comment a-t-il contracté le virus ?

Si les autorités sont si inquiètes, c'est parce qu'elles ne parviennent pas à comprendre comment il a pu contracter le virus. Mattia n'a pas séjourné en Chine récemment et il est aussi exclu qu'il ait été contaminé par l'un de ses amis revenu de Chine en janvier, car celui-ci, "sur la base des tests effectués, n'a pas développé les anticorps", selon le ministère de la Santé. C'était pourtant la piste privilégiée à l'origine.

L'objectif est désormais d'identifier le "patient zéro", la personne qui a importé le virus en Italie, pour remonter le fil de la maladie et ainsi, mieux la comprendre. Pour l'heure, les autorités explorent "deux pistes" pour expliquer la contamination de Mattia mais n'ont pas voulu donner plus de détails.

L'OMS reconnaît que "la hausse rapide des cas enregistrés en Italie depuis deux jours est inquiétante", selon un porte-parole. "Ce qui nous inquiète aussi c'est qu'on n'a pas pu identifier dans tous les cas des liens épidémiologiques clairs comme des voyages en Chine ou des contacts avec un cas confirmé".

© AFP