Pays-Bas: le couvre-feu ne sera pas prolongé si les infections n'augmentent pas

Si le nombre d'infections au coronavirus dans les prochains jours n'augmente pas aux Pays-Bas, le couvre-feu y prendra fin le 10 février, rapporte l'agence de presse néerlandaise ANP, citant le média public NOS. La mesure est impopulaire et a donné lieu à plusieurs émeutes dans le pays la semaine passée. L'imposition d'un couvre-feu aux Pays-Bas a nourri un vif débat dans le pays. Il n'y avait longtemps pas de majorité pour soutenir la mesure à la chambre basse du parlement, mais en fin de compte suffisamment de partis ont souscrit à l'idée. La mesure sanitaire doit automatiquement prendre fin le 10 février et un prolongement est conditionné à l'approbation de la chambre.

Mis en place depuis un peu plus d'une semaine, le couvre-feu devrait prouver ses effets au cours d'une semaine ou deux sur la courbe des infections. Si celles-ci reculent, comme c'était le cas au cours des jours passés déjà, le soutien politique pour prolonger le couvre-feu sera difficile à dégager.

Le gouvernement se penchera sur la crise du coronavirus mardi, et se prononcera alors sur la mesure controversée. Des émeutes ont en effet éclaté après l'instauration samedi passé du couvre-feu. Plusieurs soirs durant, des affrontements avec la police ont eu lieu, des magasins ont été pillés et des véhicules ont été incendiés.

10.000 participants à une manifestation sauvage d'antimasques

Environ 10.000 personnes, dont des néonazis, ont bravé dimanche à Vienne, en violation des mesures sanitaires, une interdiction de manifester contre le couvre-feu et le confinement décidés par le gouvernement pour tenter d'endiguer le coronavirus. La police avait interdit samedi cette manifestation, à la suite d'un précédent défilé ayant également rassemblé 10.000 personnes mi-janvier et au cours duquel les participants avaient été nombreux à ne pas porter de masques et à ne pas respecter les distances de sécurité.

Mais selon les forces de l'ordre, plusieurs milliers de personnes ont quand même répondu dimanche après-midi à l'appel du parti d'extrême droite FPÖ, qui avait organisé la manifestation et jugé "scandaleuse" son interdiction.

Parmi elles figuraient des militants néonazis et des hooligans. La police a procédé à 10 interpellations quand la foule a refusé de se disperser et a voulu marcher en direction du parlement, bloquant la circulation.

Quatre policiers ont été blessés et plus de 800 personnes ont été verbalisées pour non respect des mesures sanitaires, selon le ministre de l'Intérieur Karl Nehammer, qui a organisé une conférence de presse dans la soirée, précisant que la manifestation avait pris fin vers 19h30.

Plus tôt dans la semaine, l'ancien ministre de l'Intérieur Herbert Kickl, membre du parti FPÖ, avait appelé à descendre dans la rue ce dimanche contre le couvre-feu et le troisième confinement en vigueur.

C'était la première fois que ce parti organisait officiellement un rassemblement pour contester les mesures décidées par le gouvernement écolo-conservateur pour tenter de limiter les contaminations par le coronavirus.

Cette manifestation avait été interdite en raison des "troubles à l'ordre public" qu'elle était susceptible d'engendrer. "On assiste à une censure inédite", s'était insurgé M. Kickl samedi devant des journalistes. "C'est un scandale", avait-il ajouté.

Le FPÖ avait ensuite déposé une seconde demande d'autorisation pour "défendre la démocratie, la liberté et les droits fondamentaux", mais la police l'avait également rejetée.

Elle avait mis en avant le risque de nouveau foyer de contamination, "en raison de la transmissibilité accrue des nouveaux variants" et "du manque de traçabilité des contacts" dans les rangs des manifestants.

Malgré un nouveau confinement, accompagné d'un couvre-feu, décrété après Noël, l'Autriche, qui compte 8,9 millions d'habitants, a enregistré dimanche 1.190 nouveaux cas.

Selon un sondage paru samedi dans l'hebdomadaire Profil, 64% des Autrichiens réclament la fermeture des remontées mécaniques dans les stations de ski, actuellement ouvertes.

Les écoles, les salles de sport, les hôtels, les restaurants, les magasins non essentiels et les lieux culturels sont fermés. L'opposition sociale-démocrate s'est prononcée samedi en faveur d'une réouverture des écoles le 8 février.

Près de 20.000 nouveaux cas de Covid-19 en France, hospitalisations en hausse

La France a enregistré près de 20.000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, tandis que le nombre des hospitalisations et des réanimations est en hausse, selon les chiffres officiels diffusés dimanche. Le site internet du gouvernement rassemblant les données relatives au Covid-19 rapporte 19.235 nouvelles contaminations. Le taux de positivité des tests n'était pas disponible dimanche soir. Dimanche, 27.573 malades du Covid-19 étaient hospitalisés (+331 par rapport à la veille), dont 816 nouvelles admissions en 24 heures, selon les données de Santé publique France.


Et 3.148 patients Covid-19 sont en réanimation ou soins intensifs, un chiffre également en hausse (+45), avec 148 nouvelles admissions.

En outre, 195 décès ont été enregistrés à l'hôpital en 24 heures, soit un total de plus de 76.000 morts depuis le début de l'épidémie.

Quatre semaines après le début de la vaccination en France, près de 1,48 million de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin. Parmi elles, environ 45.000 avaient reçu les deux doses samedi soir, selon Santé publique France, qui donne ces chiffres avec un jour de décalage.

Malgré une situation épidémique jugée "préoccupante", le gouvernement a décidé vendredi soir de jouer une dernière carte pour éviter un troisième confinement, en renforçant plusieurs mesures restrictives.

"L'idée, c'est de gagner du temps, de limiter la casse", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du Dimanche.

"Le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne. On le doit à nos commerçants, à nos artisans, aux PME et aux Français, pour qui c'est extrêmement difficile depuis près d'un an", a renchéri le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dimanche sur BFMTV.

"La légère décélération des contaminations peut nous permettre d'observer, durant quelques jours, ce qu'il va se passer", a poursuivi M. Véran.

Lorsque la décision "a été prise vendredi en conseil de défense, l'incidence, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas quotidiens, avait peu augmenté depuis quatre jours. C'est encore le cas aujourd'hui".

Par ailleurs, la circulation du variant anglais "s'intensifie - de 50 % chaque semaine - mais de manière moins intense qu'à l'étranger où des hausses de 70 à 100 % ont été relevées", a ajouté le ministre.