L'UE veut publier ce vendredi le contrat de précommandes de vaccins anti-Covid signé avec le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, sous pression après avoir annoncé d'importants retards de livraisons, a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"Nous voulons le publier aujourd'hui, nous sommes en discussions avec l'entreprise au sujet des parties (du contrat) qui devraient être noircies" pour des raisons de confidentialité, a déclaré la chef de l'exécutif européen à la radio allemande Deutschlandfunk.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) doit donner également vendredi son avis très attendu sur l'autorisation du vaccin AstraZeneca/Oxford dans l'UE, au lendemain d'une recommandation des autorités allemandes à ne pas l'utiliser pour les plus de 65 ans.

L'UE réclamait avec insistance ces derniers jours le feu vert du groupe pharmaceutique pour publier ce contrat signé en août, portant jusqu'à 400 millions de doses de ce vaccin.

Le torchon brûle entre Bruxelles et AstraZeneca, depuis que le groupe a annoncé la semaine dernière une "baisse de rendement" sur un site de fabrication européen et indiqué à l'UE ne pouvoir livrer au premier trimestre qu'"un quart" des doses initialement promises aux Vingt-Sept.

Dans un entretien qui a vivement fait réagir Bruxelles, le PDG d'AstraZeneca, le Français Pascal Soriot, assurait devoir réserver aux Britanniques la production des usines au Royaume-Uni, le contrat avec l'UE n'engageant le groupe qu'à "faire de son mieux", sans garantie sur les livraisons.

"Cette clause +faire de son mieux+ ne s'appliquait que lorsqu'il n'était pas encore certain qu'un vaccin serait développé. Depuis, le temps a passé, le vaccins est là (...) et il y a des quantités extrêmement précises de livraisons dans le contrat", a réagi Ursula von der Leyen sur la radio allemande.

"Le contrat spécifie les sites de production pour les volumes (destinés à l'UE). C'est pourquoi, suite aux propos publics (du patron d'AstraZeneca), il est important de rendre public ce contrat, afin que les citoyens obtiennent la clarification sur ce qui s'y trouve", a souligné la présidente de la Commission.

Pour l'exécutif européen, le contrat prévoit que la production aurait lieu dans quatre usines, deux dans l'UE et deux au Royaume-Uni, et que des difficultés sur le seul site belge devaient donc être compensées par les autres.

"AstraZeneca nous avait assuré n'avoir aucune autre obligation susceptible de l'empêcher d'honorer son contrat" et s'est engagé à avoir en stock les volumes promis à temps pour les livraisons, rappelle Mme von der Leyen. "Où sont ces doses?"