En chiffres absolus, avec 705 décès à ce jour, la Belgique est le neuvième pays le plus affecté au monde par la pandémie, laquelle touche de plein fouet les grands pays européens et commence à s’acharner maintenant sur les Etats-Unis.

Mais si l’on tient compte du nombre de décès par habitant, la Belgique (61 morts par million d’habitants) est malheureusement plus haut dans ce tableau, peut-être au troisième rang mondial derrière l‘Italie (11 591 morts) et l’Espagne (8 189 morts), les deux pays européens qui comptabilisent le plus de morts.

Car l’Europe vit des heures sombres. Elle compte aujourd’hui plus de 24 000 décès liés à la pandémie. En une journée, le 31 mars, l’Italie a enregistré 810 morts et l’Espagne, 812 morts. Il y a plus de morts sur le continent européen que nulle part ailleurs, y compris en Chine d’où tout est parti mais où les chiffres réels ont peut-être été maquillés.

Les experts manient prudemment ces statistiques. Des décès plus élevés qu’ailleurs peuvent être liés à l’âge de la population, à des décès mêlés à d’autres maladies comme le diabète ou l’hypertension. Par ailleurs, certains pays normalisent leurs chiffres avec retard, ce qui a été le cas de la Belgique, mardi, qui a ajouté 94 décès portant sur les jours précédents (depuis le 11 mars).

© IPM

Dans un monde idéal, aussi, les experts aimeraient pouvoir calculer le Case Fatality Rate (CFR), c’est-à-dire le nombre de morts par rapport au nombre de personnes infectées. Mais la plupart des pays ne pratiquent pas un dépistage systématique de la population.

Toutefois, ce que les experts regardent, notamment au sein de l’équipe Our World in Data, c’est le nombre de jours qu’il faut pour doubler le nombre de victimes. Et là, les chiffres sont un peu plus rassurants pour les deux pays les plus frappés par la pandémie, puisqu’il a fallu huit jours pour doubler les victimes en Italie et cinq jours en Espagne. La Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, sont dans un rythme, un peu plus rapide, de quatre jours.

C’est cette courbe-là qu’observent les autorités belges, de même que celle qui indique la croissance des hospitalisations, qui ralentit. Ils espèrent depuis plusieurs jours une inflexion de la courbe. Mais ralentissement ne veut pas dire baisse. Le pic n’est pas encore atteint, a déclaré mardi Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19. « Tous les jours, un nombre important de patients rentrent en unité de soins intensifs. Inévitablement, ce nombre va continuer à augmenter dans les prochains jours. Nous allons arriver à un point qui se rapproche de la saturation de nos hôpitaux », a-t-il dit.


© DR