Des acteurs étrangers, en particulier la Russie et la Chine, mais aussi intérieurs à l'Union européenne, ont lancé des opérations d'influence et des campagnes de désinformation ciblées dans l'UE, ses pays voisins et dans le monde pendant la crise du coronavirus, a dénoncé mercredi la Commission européenne. 

C'est ainsi que la task force East StratCom du Service européen d'action extérieure (SEAE, les "Affaires étrangères" de l'Union) a détecté sur le site web spécial EUvsDisinfo plus de 550 discours de désinformation provenant de sources pro-Kremlin, selon le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui présentait à la presse une évaluation des mesures de lutte contre la désinformation autour de la pandémie.

"En ces temps de coronavirus, la désinformation peut tuer. Dans le monde actuel, fondé sur la technologie, où les guerriers manient le clavier plutôt que l'épée et où les opérations d'influence ciblées et les campagnes de désinformation sont une arme reconnue utilisée par des acteurs étatiques et non étatiques, l'Union européenne augmente ses activités et ses capacités pour lutter contre ces pratiques", a affirmé le Haut représentant.

Ces vagues de désinformation viennent aussi de l'intérieur de l'UE. "Les plateformes en ligne ont pris des mesures positives au cours de la pandémie, mais elles doivent accentuer leurs efforts", a exhorté la commissaire Vera Jourova, en charge des valeurs et de la transparence.

La Commission a proposé une batterie d'actions à entreprendre ou renforcer, visant notamment à soutenir davantage les vérificateurs de faits et les chercheurs, développer les systèmes d'alerte rapide, réclamer des rapports mensuels aux plateformes, etc.