Les autorités de Lombardie, la région la plus touchée d'Italie par la pandémie de coronavirus, s'inquiètent désormais à haute voix de la capacité de leur système hospitalier à absorber l'afflux de malades.

"Les chiffres continuent à augmenter. Nous arriverons bientôt au moment où nous n'aurons plus de lits en réanimation", a mis en garde dimanche Attilio Fontana, gouverneur de la Lombardie, dans une interview à la chaîne Sky TG24. Lors d'une conférence de presse samedi, Giulio Gallera, son adjoint en charge de la Santé, avait déjà tenu des propos similaires: "En Lombardie, nous avons encore quinze à vingt lits en thérapie intensive. Nous sommes proches du point de non-retour."

Selon le dernier bilan publié samedi par la Protection Civile, 966 personnes sont mortes du coronavirus en Lombardie, où un total de 11.685 cas ont été recensés. Plus de 730 personnes étaient en soins intensifs samedi, et quelque 3.500 cas supplémentaires avaient été recensés en 24 heures, un bond spectaculaire dans cette région riche, poumon économique du pays qui dispose d'un système hospitalier parmi les plus performants en Europe.

D'après M. Fontana, l'installation d'un hôpital provisoire comptant 500 places de thérapie intensive est toujours en projet dans deux pavillons de la Foire de Milan. "Mais jusqu'à ce que nous ayons reçu des respirateurs", les travaux ne commenceront pas, a précisé M. Fontana. Selon lui, un homme d'affaires italien aurait donné son accord pour fournir ces machines.

Dimanche, une polémique a également éclaté autour de la qualité des masques reçus pour les personnels soignants. "Nous avons besoin de masques FFP2 ou FFP3 ou bien de masques chirurgicaux. Et finalement ils nous ont envoyé des mouchoirs en papier, des feuilles de papier hygiénique. Ils ne sont pas aux normes et il n'est pas pensable de les utiliser pour assister des patients infectés. Au mieux pour des volontaires qui portent les courses aux personnes âgées", a déclaré M. Gallera dans une autre interview à Sky.

À la mi-journée, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a assuré qu'il accordait "une grande attention à la situation en Lombardie". "Notre priorité est de permettre de travailler en sécurité aux médecins, infirmiers et personnels soignant qui avec courage et esprit d'abnégation s'emploient à soigner les citoyens et se dédient à cette urgence sanitaire avec toute leur énergie", a-t-il dit. "En tant que gouvernement, nous sommes fermement engagés à procurer dans des délais très brefs les dispositifs de protection qui leur permettront de travailler dans la plus grande sécurité", a ajouté le chef du gouvernement.

L'Italie reste le pays le plus touché d'Europe, qui est désormais considérée comme l'épicentre de la pandémie.