Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé hier des mesures inédites de confinement qui prenaient effet à 12h ce mardi. Passé ce moment, seuls les citoyens munis d'attestations pouvaient circuler dans les rues. Or, à Paris notamment, de nombreuses personnes étaient encore dehors après l'heure prévue. Des mesures difficilement applicables, qui n'ont pas manqué de susciter des tensions entre citoyens et forces de l'ordre.

Depuis ce mardi midi en France, policiers et militaires sont déployés dans les rues des villes pour faire appliquer les mesures imposées par Emmanuel Macron lundi soir. Le président français a annoncé lundi soir que les déplacements seront fortement réduits dans tout le pays pour une durée de 15 jours minimum, de manière à " limiter au maximum les contacts", et ainsi freiner la propagation du virus.

"Seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires"

Depuis 12h, chaque Français qui sort de chez lui pour un motif important (travail, courses alimentaires, soins) doit se munir d'un justificatif de déplacement sous peine d'une amende de 38 euros, un montant valable pour ce mardi 17 mars uniquement puisque l'amende sera portée à 135 euros dans les prochains jours, a indiqué Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur français.

© Ministère de l'interérieur français

"Nous sommes en guerre" : un message pas encore entendu par tous

Avec ce confinement, qui se calque sur les mesures prises par les gouvernements italien et espagnol, les habitudes des Français seront chamboulées durant cette "guerre sanitaire", comme l'a qualifiée Emmanuel Macron lundi soir. Dès le début effectif des mesures, des premières images et vidéos, avec le hastag #confinement total, ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter.

Le journaliste Simon Louvet, qui travaille pour le média Actu Paris, s'est rendu dans le 18e arrondissement parisien, aux côtés des policiers qui tentaient de faire appliquer les mesures à la population encore massivement présente les rues. Les premiers contrôles menés par les policiers n'ont pas manqué de perturber les passants qui, pour la plupart, ne disposaient pas d'attestations de déplacements valables et tentaient de se justifier pour éviter les amendes.

Au lendemain de l'annonce de ces mesures drastiques, de nombreuses personnes doutaient de la possibilité réelle de leur mise en application dans tout le pays. Les forces de l'ordre déployées s'évertuent à faire respecter les consignes, notamment auprès des commerces, où 1 mètre d'écart doit désormais être observé entre chaque client patientant dans la file.


"Nous sommes en guerre", n'a cessé de répéter le président français lors de son allocution lundi, mais au vu des premières réactions liées au confinement, il semblerait que certains n'aient pas encore bien compris le message.