"Les autorités pharmaceutiques ont accordé une autorisation temporaire" pour ces deux vaccins contre le Covid-19, a annoncé en conférence de presse Gergely Gulyas, le chef du Bureau du Premier ministre. Cette autorisation est valable pendant six mois, assortie d'une éventuelle prolongation de six mois supplémentaires, selon le site hongrois portfolio.hu. D'après la chaîne publique MTV, une deuxième agence, l'Institut national de santé publique, doit également accorder son autorisation avant que Spoutnik V ne puisse être distribué dans tout le pays.

Selon la régulation européenne, les autorités nationales peuvent approuver en urgence la distribution d'un produit non autorisé par l'Agence européenne des médicaments (EMA) mais en portent alors l'entière responsabilité civile ou administrative.

Cette décision, qui fait suite à la visite d'experts hongrois à Moscou pendant plusieurs semaines, ouvre la voie à la finalisation de commandes, a précisé M. Gulyas. Le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto est attendu cette semaine en Russie dans cette optique.

Depuis le début de la campagne fin décembre, la Hongrie, pays de 9,8 millions d'habitants, a reçu quelque 330.000 doses des vaccins Pfizer-BioNTech et de Moderna, les deux seuls autorisés dans l'UE à ce stade. "Malheureusement, l'EMA est exceptionnellement lente", a regretté le responsable hongrois, défendant la position de Budapest de faire cavalier seul sur ce sujet.

En ce qui concerne le vaccin développé par le laboratoire britannique AstraZeneca et l'Université d'Oxford, "le Royaume-Uni a donné son approbation plus tôt et l'utilise déjà", a rappelé Gergely Gulyas, alors que l'avis du régulateur européen n'est attendu qu'à la fin du mois.

Quant à Spoutnik V, efficace à plus de 90% selon Moscou, les autorités russes ont déposé une demande d'enregistrement dans l'UE mais l'EMA n'a pas encore entamé la procédure d'examen.

S'il s'était attiré des critiques quand il avait été homologué en août 2020, il a depuis été administré à plus de 1,5 million de personnes, selon la Russie qui en a fait un instrument d'influence géopolitique.

"Le gouvernement veut seulement se procurer des vaccins qui ont été déjà injectés à des millions de gens et ont naturellement été jugés sûrs et efficaces", a souligné M. Gulyas.

La Hongrie a par ailleurs commandé "un million de doses" du vaccin chinois Sinopharm et attend le feu vert des inspecteurs hongrois, qui se trouvent actuellement à Pékin. "Nous espérons offrir des vaccins d'autant d'endroits et en aussi larges quantités que possible", a insisté ce proche du Premier ministre souverainiste, Viktor Orban.

Jeudi, la Hongrie a fait état de 98 nouveaux décès dus au coronavirus, ce qui porte le nombre total de morts dans le pays à 11.700.