La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a mis en garde vendredi contre les fermetures de frontières décidées par certains pays de l'UE pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

"Les interdictions de voyage générales ne sont pas considérées comme très efficaces par l'Organisation mondiale de la Santé", a déclaré la cheffe de l'exécutif européen lors d'une conférence de presse.

"De plus, elles ont d'importantes conséquences sociales et économiques, elles perturbent la vie de la population et des entreprises", a-t-elle ajouté. "Toute mesure prise doit être proportionnée".

La dirigeante allemande a plaidé pour des mesures de contrôles sanitaires.

Celles-ci "peuvent avoir lieu aux frontières extérieures (de l'UE) ou intérieures, ou bien dans le territoire des Etats membres", a-t-elle dit. Des recommandations de l'UE en la matière doivent être présentées aux ministres de l'Intérieur des 27 réunis vendredi à Bruxelles.

Les gouvernements tchèque et slovaque ont annoncé jeudi la fermeture quasi totale de leurs frontières aux étrangers, tandis que l'Autriche et la Hongrie ont instauré des restrictions d'entrée, visant en particulier l'Italie, pays européen le plus touché par la pandémie.

La présidente de la Commission européenne a aussi prôné la "solidarité" entre pays de l'Union pour l'accès au matériel de protection contre le nouveau coronavirus.

"Ce n'est pas bon quand des Etats membres prennent des mesures unilatérales parce que cela crée toujours un effet domino et cela empêche les patients, les hôpitaux d'avoir accès aux équipements dont ils ont besoin de façon urgente", a-t-elle dit.

Elle faisait référence à des mesures de restriction ou d'interdiction des exportations de matériel de protection, décidées notamment par l'Allemagne et la France, ayant suscité des critiques au sein de l'UE.

"Nous avons parlé aux Etats membres, afin qu'ils adaptent (leurs mesures) pour garantir que le matériel en Europe est bien ciblé et qu'il va là où sont les besoins, vers les patients, les médecins, les hôpitaux, le personnel de santé", a encore souligné Mme von der Leyen.