Malgré les différentes mesures sanitaires prises en France depuis déjà plusieurs mois, la situation épidémiologique reste toujours inquiétante dans l'Hexagone. Pour tenter, tant que faire se peut, de limiter la propagation du coronavirus sur son territoire, le Président Macron a convoqué ce mercredi un Conseil de défense et de sécurité. Ce jeudi à 18h, le Premier ministre Jean Castex était chargé de présenter les différentes décisions prises lors de ce Conseil.

"Le virus continue de circuler activement partout en Europe", a d'emblée déclaré Castex. "Face à cette situation, tous les pays ont pris des mesures pour endiguer l'épidémie. La France a fait un double choix: ne pas attendre pour décider d'un confinement adapté, ce que nous avons fait dès la fin du mois d'octobre, ainsi que de ne pas lever nos mesures prématurément", a-t-il poursuivi.

Castex a ensuite souligné que les fêtes de fin d'année n'avaient pas permis une "flambée épidémique".


"Situation fragile"

"Notre situation reste néanmoins préoccupante et fragile, même si elle est maîtrisée", a déclaré le Premier ministre.

Si la situation est "fragile", c'est notamment en raison des nouveaux variants identifiés sur le territoire français, a affirmé Jean Castex, avant qu'Olivier Véran, le ministre de la Santé, détaille les caractéristiques des variants britanniques et sud-africains. Selon Olivier Véran, le nouveau variant britannique est notamment plus contagieux chez les enfants. Face à ces deux nouvelles menaces, Jean Castex a affirmé qu'il était impératif de "tout faire" pour empêcher leur propagation.


Contrôles renforcés aux frontières

"Cette situation nous conduit donc à prendre des mesures supplémentaires", a détaillé Castex. "Nous allons durcir fortement les conditions d'entrée sur le territoire", a annoncé le Premier ministre.

Les personnes qui veulent entrer en France en provenance de pays hors de l'UE devront présenter un test PCR négatif avant d'entrer sur le territoire et se mettre en quarantaine durant 7 jours. Elles devront également refaire un test à l'issue de l'isolement.


Des mesures de restrictions d'urgence vont par ailleurs être mises en place en Guyane ainsi qu'à Mayotte et à la Réunion pour les protéger des variants qui circulent dans ces régions.

En Guyane, "le contrôle des frontières sera renforcé et des tests négatifs seront exigés" pour rejoindre les Antilles et la métropole. De la même manière, des "tests négatifs seront exigés pour les vols en provenance de Mayotte ou de la Réunion".

Couvre-feu national à 18h

En outre, le couvre-feu s'appliquera à compter de 18h sur tout le territoire national à partir de ce samedi 16 janvier, et ce, pour au moins 15 jours. "Alors que la reprise épidémique était concentrée fin décembre sur certains départements, la circulation virale concerne désormais tout le territoire", a expliqué Jean Castex. Ce couvre-feu à 18h était déjà d'application dans 25 départements français. Les dérogations, très limitées, seront les mêmes que celles qui sont déjà d'application: rentrer du travail, reprendre ses enfants à la crèche...


Tous les commerces et lieux recevant du public seront fermés à 18h.

"A l'heure où je vous parle, la situation épidémique n'exige pas que nous imposons un nouveau confinement", a ensuite précisé le Premier ministre. "Mais nous devons nous préparer à toutes les éventualités, notamment en cas de forte dégradation épidémique".

Ecoles toujours ouvertes

Contrairement à d'autres pays, la France veut tout faire pour ne pas fermer ses écoles, a déclaré Jean Castex. Les écoles maternelles et primaires resteront ouvertes, tout comme la majorité des collèges. Dans les lycées, l'enseignement se fera toujours en mode hybride, à moitié en présentiel et l'autre moitié en distanciel. Les élèves de terminale, présentant le baccalauréat en fin d'année, seront prioritaires.


Les pratiques sportives d'intérieur, en milieu scolaire ou extra-scolaire, sont également suspendues, a déclaré le ministre de l'Enseignement Jean-Michel Blanquer, et ce "pour quelques semaines probablement".

Dans l'enseignement supérieur, les cours seront toujours donnés à distance. Les travaux dirigés pourront reprendre par demi-groupe pour les élèves de première année. Cette mesure pourra être étendue aux autres années si la situation épidémiologique le permet.