C'est la troisième fois depuis sa création en 1974 que ce festival, qui s'est imposé comme la vitrine mondiale des meilleurs numéros de cirque traditionnel, est annulé, comme ça avait été le cas après le décès accidentel de la princesse Grace en 1982 et durant la guerre du Golfe en 1991.

"On n'avait pas d'autre choix", a déclaré à l'AFP le directeur suisse-allemand du festival Urs Pilz. "Ce n'est pas juste un spectacle de cirque, mais au moins 20 nations, plus de 200 artistes, de grandes délégations, de Russie, de Chine et d'Amérique du Sud. On ne pouvait pas s'engager dans l'organisation dans cette situation incertaine avec tellement de problèmes de transport".

Plus de 200 artistes étaient déjà sous contrat pour janvier 2021, une année de jubilé, avec une grande parade prévue dans les rues de Monaco, des expositions, etc. Mais depuis mai, l'annulation semblait de plus en plus inéluctable.

"C'était le prudent et le plus logique pour ne pas annuler au dernier moment. On appréciera encore plus le 45e festival, car il se sera fait attendre un an", a souhaité la princesse Stéphanie, présidente de la manifestation.

Selon elle, l'épidémie contraint de nombreux cirques à une situation "très difficile" et à "vivre sur leur trésorerie", sans pouvoir, dans certains pays, bénéficier des aides allouées à la culture et au spectacle vivant.

Outre le casse-tête du transport, il y avait aussi une incertitude quant à la participation du public sous le chapiteau, environ 3.000 spectateurs que la présence d'animaux exotiques ne rebute pas, même si la 44e édition ne comptait pas d'otaries, d'éléphants ou de girafes, juste un numéro russe de tigres blancs et une cavalerie suisse centenaire.

La Principauté a lancé le festival à une époque où les cirques traditionnels battaient de l'aile et en a fait une référence mondiale, l'équivalent pour le cirque du Festival de Cannes pour le cinéma, avec le palmarès le plus prisé de la profession, les Clowns d'or, d'argent et de bronze.

La manifestation s'étale sur dix jours, et la soirée de gala propose près de 5 heures de cirque non-stop, diffusée par des télévisions du monde entier.

Si la prouesse physique et le talent d'adresse sont au coeur du spectacle, aucun numéro n'échappe à une scénarisation rapprochant le cirque traditionnel des tendances actuelles: musique, costumes, lumière, le moindre numéro raconte une histoire et crée un univers.

Pour la Principauté, les retombées directes avoisinent les 5 millions d'euros en frais d'hôtels, techniciens sons ou lumière, et sécurité.