Pour faciliter ces transferts, les Etats "doivent partager des données exactes et en temps réel" au niveau européen "pour une meilleure coordination", a-t-elle souhaité au cours d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet en visioconférence réunissant les 27 Etats membres de l'Union européenne. Elle a aussi assuré que les futurs vaccins seraient disponibles pour tous les Etats "en même temps et aux mêmes conditions", en fonction de la taille de leur population.

Les vaccins européens seront distribués en même temps, sur base de la part de population

Les vaccins qui seront validés au niveau européen et qui font l'objet de contrats d'achat anticipé au niveau de la Commission européenne seront distribués aux Etats "au même moment, sur base de la part de chaque Etat dans la population de l'UE", a annoncé encore jeudi soir la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Il y a déjà un accord des 27 sur ce point", a assuré l'Allemande.

"Nous devons anticiper le moment où un ou plusieurs vaccins seront disponibles", a expliqué à ses côtés le président du Conseil européen Charles Michel, revenant sur le contenu des discussions. Il fallait entre autres s'assurer "que nous sommes bien d'accord pour garantir une distribution équitable entre Etats membres" quand un ou plusieurs contrats signés par la Commission se concrétiseront par la fourniture de vaccins. Il faudra aussi "tenter de converger sur la question des populations qui devraient avoir un accès prioritaire aux vaccins". Il y a eu jeudi soir un échange de vues à ce sujet, qui a été positif, ont assuré les deux présidents.

La Commission a transmis aux Etats un document basé sur des recommandations scientifiques, mettant en avant les éléments à prendre en compte pour prioriser les vaccinations. "On a demandé aux Etats d'implémenter maintenant cela au niveau national, et de nous transmettre leur stratégie de vaccination. Cela a été bien reçu", ajoute Ursula von der Leyen.

La Commission a déjà conclu des contrats d'achat anticipé avec trois groupes pharmaceutiques. Via ces contrats, elle s'assure d'acquérir un certain nombre de doses, achetées finalement par les Etats membres, si le vaccin développé passe avec succès toutes les phases d'essais cliniques et se révèle suffisamment sûr et efficace pour une mise sur le marché européen. La Commission est proche de contrats similaires avec trois autres firmes et les discussions avancent bien avec une septième. Depuis que l'exécutif européen a lancé cette stratégie de négociations centralisées et d'achats communs anticipés, il a toujours assuré que son but est d'avoir un portefeuilles varié de vaccins, de quoi augmenter ses chances de pouvoir couvrir toute la population qui en a besoin.

La collaboration devra aussi être logistique, car les campagnes de vaccination seront de vrais défis sur ce point, a insisté Charles Michel. Les vaccins attendus ne devront pas forcément être tous conservés à la même température, ce qui implique un transport différent, etc. "Il y a sur tous ces sujets une très forte volonté de travailler d'arrache pied" pour harmoniser, insiste Charles Michel.