Le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont donné une conférence de presse à 18h ce jeudi, afin de faire le point sur la situation épidémiologique en France.

"Cela fait presque un an que nous faisons face à la plus grande crise sanitaire de notre histoire récente", a commencé le Premier ministre. "La situation sanitaire de notre pays s'est dégradée ces derniers jours". 30.000 cas positifs ont été recensés, un chiffre record depuis novembre dernier. C'est surtout le variant britannique qui circule le plus dans le pays, et qui inquiète les autorités en raison de sa contagiosité "plus élevée", a présenté le Premier ministre. "Il concerne désormais à peu près la moitié des personnes atteintes de la Covid en France", a-t-il précisé.

Jean Castex s'est toutefois félicité de la décision de l’exécutif de ne pas reconfiner complètement le pays : "Cette décision de ne pas confiner s’est avérée la bonne car elle nous a permis de gagner du temps. Et, pendant ce temps notre activité économique ne s'est pas effondrée et les écoles ont pu rester ouvertes."

"Notre objectif reste le même : tenir, préserver nos hôpitaux, notre mode de vie et l’éducation de nos enfants", a-t-il martelé. Malgré la dégradation de la situation en France, le gouvernement ne souhaite pas confiner. "Il faut tout faire pour retarder' un confinement afin de "laisser à la vaccination le temps de produire des effets", a déclaré le Premier ministre. "Le confinement est un levier auquel nous devons recourir quand on ne peut pas faire autrement. Il faut le faire à bon escient, au bon moment et dans la bonne mesure".

"En contrepartie, le choix de ne pas confiner c’est d'être très réactif. En engageant des actions ciblées." Jean Castex est alors revenu sur les dernières mesures prises par le gouvernement français, telles que le reconfinement dans les agglomérations de Nice et de Dunkerque.


Une vingtaine de départements en surveillance renforcée

L’Ile-de-France, une partie des Hauts-de- France et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Rhône, la Drôme, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, ou encore l'Eure-et-Loir, ont été placés en surveillance renforcée. Les indicateurs se dégradent dans ces territoires : "un niveau d'incidence élevé, autour ou supérieur à 250 cas pour 100.000 habitants, une part de variants supérieure à 50%, une pression hospitalière proche du seuil critique et une circulation virale qui a tendance à s'accélérer sérieusement", a fait savoir Jean Castex.

Des réunions vont avoir lieu avec les préfets de ces régions quant à d'éventuelle mesures à prendre dans les jours à venir. "Nous ferons un point au terme des concertations la semaine prochaine et nous déciderons alors si et seulement si la situation continue à se dégrader, nous prendrons des mesures renforcées qui prendront effet à compter du 6 mars", a annoncé Jean Castex.

Les effets de la vaccination

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 2,5 millions de doses ont été administrées. "Les effets de la campagne vaccinale commencent à se faire ressentir sur nos citoyens les plus âgés", a notamment affirmé le Premier ministre. "D’ici fin mars, les deux-tiers des plus de 75 ans seront vaccinés et nous ouvrirons début avril aux personnes de plus de 65 ans", a également déclaré Jean Castex.

Si aucun relâchement des mesures ne peut être envisagé "à ce jour", a souligné le Premier ministre, le nombre de malades en réanimation reste loin des records de l'automne (4.900) et du printemps (7.000), mais la progression de la vaccination en France ne sera pas suffisante, sans restrictions supplémentaires, pour éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la première vague, préviennent les modélisateurs de l'Institut Pasteur dans une étude publiée mercredi.

Jeudi, la campagne vaccinale a entamé une nouvelle étape avec la possibilité pour les médecins de ville d'injecter l'un des trois antidotes autorisés en France, celui d'AstraZeneca, pour les 50-64 ans atteints de comorbidités, soit 2 millions de personnes.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a ensuite pris la parole pour préciser que "plus de 25.000 cas de Covid-19 ont été diagnostiqués au cours des dernières 24h. En une semaine, nous avons effacé la baisse des deux semaines passées. Cela n'est pas étonnant ", a expliqué le ministre. La France ne parvient pas à se débarrasser du variant anglais, malgré les mesures prises, étant donné "sa plus grande contagiosité intrinsèque". Le variant britannique augmente de 40% par semaine, a fait savoir Olivier Véran.

"Nous ne sommes pas encore sortis de la deuxième vague en termes d'hospitalisations et de réanimation.", a-t-il ensuite déclaré, mais il y a moins de personnes âgées qui sont admises en réanimation du fait de la vaccination.

Traitement par anticorps autorisé

Le dépistage s'est par ailleurs "amélioré". Et le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que la France a commandé "des dizaines de milliers de doses d'anticorps monoclonaux d'une génération supérieure", attendus "à la mi-mars". Ces anticorps de synthèse du laboratoire américain Eli Lilly pour les formes symptomatiques légères à modérées de Covid-19 chez les adultes non hospitalisés, sont censés épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus.