Le parquet national antiterroriste a commencé lundi matin à prendre ses réquisitions au procès des attentats de janvier 2015 ayant frappé Charlie Hebdo, une policière municipale à Montrouge et l'Hyper Cacher, plus de trois mois après l'ouverture de cette audience historique. "Il y a des événements qui nous marquent tous à vie, il y a des procès plus que d'autres qui font trembler la voix, qui font que le coeur se serre", a déclaré l'avocate générale Julie Holveck, en lançant peu après 9h30 ce réquisitoire à deux voix qui doit se prolonger jusqu'à mardi.

Les 7, 8 et 9 janvier 2015, les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly portaient le combat djihadiste en France, faisant 17 morts et semant l'effroi dans le monde entier. Ils "nous ont volé notre bien le plus précieux: notre sécurité", a estimé l'avocate générale devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Quatorze accusés sont jugés depuis le 2 septembre, poursuivis pour leur soutien logistique présumé aux trois djihadistes, abattus par les forces de l'ordre le 9 janvier 2015. Agés de 29 à 68 ans, ils encourent des peines allant de dix ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité. Trois d'entre eux sont jugés par défaut, dont Hayat Boumeddiene, ex-compagne de Coulibaly, introuvable depuis sa fuite en Syrie quelques jours avant les attentats.

Dans le box, Ali Riza Polat est celui qui risque le plus gros. Présenté comme "le bras droit" d'Amédy Coulibaly et la cheville ouvrière des attentats, ce Franco-turc de 35 ans, jugé pour "complicité" de crimes terroristes, réfute toute responsabilité dans les attaques, assurant n'avoir rien su des projets mortifères de Coulibaly.

Mis en cause pour avoir recherché et fourni des armes au trio meurtrier, ses coaccusés, des délinquants multirécidivistes jusque-là jamais condamnés pour terrorisme, ont nié toute radicalisation et proclamé leur innocence.

La défense plaidera à partir de mardi après-midi.

Le verdict est attendu le 16 décembre.