Une enquête a été ouverte mercredi pour dépôt illégal d'ordures dans une forêt domaniale du Nord, après la découverte de l'équivalent d'une camionnette de produits alimentaires invendus, selon le parquet d'Avesnes-sur-Helpe.

Les investigations, confiées aux gendarmes de la brigade de recherches d'Avesnes-sur-Helpe, visent à identifier les produits, via les codes barres notamment, pour comprendre d'où ils viennent et remonter à l'auteur ou les auteurs de ce délit passible d'une contravention de cinquième classe, a indiqué jeudi à l'AFP la procureure de la République d'Avesnes-sur-Helpe, Cécile Gressier. La qualification finale du délit pourra changer.

Selon le parquet, il s'agit entre autres de produits surgelés, de fruits et légumes de Carrefour et des marques Repère de Leclerc, dont les dates de péremption sont différentes et espacées dans le temps, tous retrouvés en forêt de Mormal, selon la même source.

Parallèlement, un millier de boîtes de tapenade ont été découvertes dimanche dans la commune d'Estrun, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de la forêt de Mormal, a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Cambrai, Rémi Schwartz.

Ces invendus, de la "marque Puget", ont été retrouvés "sur un chemin appartenant à Voies navigables de France, le long du canal de l'Escaut", a-t-il dit en précisant que la gendarmerie était "saisie de ces faits".

"La nature des produits et la date de découverte conduit à un rapprochement avec les faits commis dans la forêt de Mormal", a ajouté cette source.

L'association Mormal Forêt Agir avait alerté sur les réseaux sociaux mardi de la présence de ces déchets et a déposé plainte.

"C'est par centaines que se retrouvent, en ce moment, des invendus périmés balancés sur trois sites. Tapenades, surgelés, champignons, sandwichs, glaces, pâtes. À l'heure où chacun fait des efforts pour préserver 'ce qu'il reste' de biodiversité, voilà de quoi s'interroger sur le sens civique et sur le peu d'éducation des auteurs", écrivait-elle, estimant qu'il y "a suffisamment de codes de traçabilité pour espérer qu'une enquête permette de remonter à la source."

"Une enquête en interne a été diligentée pour connaître les raisons" de cet acte, explique la communication de Carrefour interrogée par l'AFP, précisant que "ce n'est pas dans les habitudes de Carrefour de pratiquer de la sorte". Le groupe a ensuite précisé qu'il allait "proposer de prendre en charge les frais pour retirer les produits".

De son côté E. Leclerc "condamne avec la plus grande fermeté ces pratiques qui vont à l'encontre" de ses "valeurs et pratiques". "Nous allons nous renseigner sur l'origine des produits retrouvés dans la forêt de Mormal et nous attendons à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire", a réagi l'entreprise auprès de l'AFP.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, a demandé sur Twitter à ce que "toute la lumière" soit faite "sur cet acte inadmissible et les sanctions prises."