Le Parlement européen avait adopté début octobre une résolution demandant à l'UE et ses Etats membres de baisser leur niveau de représentation au sommet de l'organisation réunissant les principaux pays riches et émergents, afin de ne pas "légitimer l'impunité pour les violations des droits humains (...) en Arabie saoudite".

L'Arabie saoudite espérait utiliser cette tribune pour promouvoir les réformes économiques et sociales initiées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, à l'image ternie par des détentions de dissidents et l'assassinat d'un journaliste critique.

"Nous ne devrions pas légitimer un gouvernement qui commet des violations flagrantes des droits de l'homme, en tant qu'hôte de l'un des sommets les plus importants au monde", ont déclaré les 65 députés dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil européen, Charles Michel.

"Nous vous demandons de revoir votre participation au sommet du G20 de cette année et d'envisager de ne pas y assister", ont-ils ajouté, les appelant à représenter l'UE par de "hauts fonctionnaires".

La pression du Parlement européen et de ses 65 députés intervient au moment du deuxième anniversaire de l'assassinat brutal du journaliste Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018, par des agents saoudiens.

Le royaume a toujours démenti l'implication de son prince héritier dans cette opération qui a suscité l'émoi international.

En tant que membre à part entière du G20, l'UE est une puissance économique majeure à la table des négociations, aux côtés de trois de ses Etats membres : l'Allemagne, la France et l'Italie.

L'Arabie saoudite a accentué la répression des voix dissidentes depuis l'accession en 2017 de Mohammed ben Salmane au statut de prince héritier. Parmi les activistes visés, la militante des droits des femmes Loujain al-Hathloul s'est vu attribuer début octobre, en France, le Prix Liberté.