Les deux adolescents, un garçon et une fille de 15 ans, "ont été déférés cet après-midi pour l'ouverture d'une information (judiciaire) pour des faits d'assassinat avec réquisition de mandat de dépôt", a déclaré Eric Corbaux lors d'une conférence de presse.

Le corps contusionné de la victime, âgée de 14 ans, a été repêché dans l'eau dans la soirée de lundi par les policiers, peu après un signalement émanant de la mère du garçon suspect. Les deux collégiens, qui fréquentaient la même classe que la victime dans un lycée professionnel privé d'Argenteuil, ont été interpellés dans la nuit et étaient en garde à vue depuis.

Lors de leur interrogatoire par les enquêteurs, "ils n'ont pas fait part non plus d'un remords immédiat", a rapporté M. Corbaux.

La minorité des deux suspects fait qu'ils encourent au maximum 20 ans de prison, et non la réclusion à perpétuité.


Les premiers éléments de l'enquête indiquent que la victime a été frappée par l'adolescent puis jetée encore vivante avec l'aide de la fille dans la Seine, où elle est morte noyée.

"La victime à ce moment-là était encore consciente. Elle gémissait, les yeux ouverts. Le jeune homme et la jeune fille auraient alors attrapé la victime pour la jeter dans la Seine en contrebas du quai. C'est un quai très haut en béton", a détaillé le procureur dans un récit glaçant.

La scène s'est déroulée lundi après-midi à l'ombre du viaduc de l'autoroute A15, sur un chemin de terre à l'écart des habitations, entre la Seine et des voies de chemin de fer. Mardi matin, des traces de sang étaient encore visibles sur la berge, témoignant de la violence de l'altercation.

Les deux collégiens faisaient l'objet d'une procédure disciplinaire et étaient actuellement exclus de l'établissement en raison de leur harcèlement de la victime, a indiqué mercredi leur établissement dans un communiqué. Ils devaient passer en conseil de discipline mardi, soit le lendemain des faits.

Une marche blanche à la mémoire de la collégienne tuée se tiendra ce week-end à Argenteuil.