Membres de la police judiciaire de Cergy-Pontoise, les deux victimes, âgées de 30 et 45 ans, "ont été prises par surprise" vers 22h30 alors qu'elles étaient en "planque" en civil dans leur voiture banalisée, a-t-on appris jeudi de sources proches de l'enquête.

L'un des policiers, touché par quatre balles, est entre la vie et la mort, selon des sources policières. Plus légèrement touché, le second policier a, lui, été atteint de deux balles.

Selon ces sources, trois individus sont recherchés pour cette attaque qui a eu lieu dans une zone commerciale entre une imprimerie et une entreprise de maintenance.

De source policière, ces trois personnes sont arrivées aux abords de la voiture des policiers, pensant avoir à faire à "des gens du voyage". Une fois que les policiers ont décliné leur profession, ils ont été extraits de leur voiture et attaqués. "Ils les ont pris pour des gitans déguisés en flic", selon une source policière.

"Ils ont été sortis de la voiture et roués de coups", a déclaré à l'AFP Ludovic Collignon, du syndicat de policiers Alliance. Dans la lutte, les agresseurs leur ont dérobé leurs armes de service et ont ouvert le feu sur eux.

Le policier le plus gravement atteint a été blessé à l'abdomen, à un genou et aux cuisses et souffre d'une fracture du crâne, selon des sources policières. Inconscient, il a été transporté à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine).

L'autre, atteint par deux balles à la cuisse et à la jambe, a été transporté à l'hôpital de Pontoise (Val d'Oise). Ses jours ne sont pas en danger.

Outre les armes, les agresseurs ont également volé une radio de police et un téléphone portable, et dégradé le véhicule de police, selon ces sources.


"Soutien total à nos 2 policiers violemment attaqués cette nuit dans le Val d-Oise durant leur service", a tweeté jeudi matin le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui doit s'exprimer à 11H15 devant le commissariat de Cergy, selon ses services.

"Ces actes - des tirs à l'arme à feu sur nos forces de l'ordre - sont d'une violence inouïe. Tout est mis en oeuvre pour retrouver leurs auteurs", a-t-il ajouté.


Condamnations politiques

"C'est un drame insupportable. J'espère bien sûr que les coupables seront arrêtés et jugés", a déclaré sur BFMTV son collègue de la Justice, Eric Dupond-Moretti, en adressant son "soutien" aux policiers.

Le maire (LR) d'Herblay, Philippe Rouleau, a précisé sur BFMTV que les policiers s'étaient "fait repérer par trois individus".

"Je crois qu'ils ne savaient pas que c'étaient des policiers. Il y a eu une bagarre et les coups ont été terribles. C'est au coeur de la bagarre que les agresseurs se saisissent des armes et tirent à bout portant", a-t-il ajouté.

Cette agression a suscité de nombreuses condamnations politiques, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse évoquant sur Twitter une "agression ultra violente qui rappelle à tous ceux qui l'oublient que faire respecter la loi sur le territoire est un engagement au péril de sa vie!".

Marine Le Pen s'en est, elle, prise à l'exécutif sur Twitter: "que faut-il faire pour que le gouvernement prenne la situation au sérieux et décrète un énorme tour de vis contre la criminalité ?".

Sur Europe 1, le président des Républicains Christian Jacob a accusé Emmanuel Macron et le gouvernement de "laxisme, laisser-faire, manque de réaction".

Selon une étude publiée en novembre 2019 par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), la police nationale a recensé 12.853 agents blessés en 2018, en hausse de près de 16% par rapport à 2017.

6.002 l'ont été dans le cadre d'une mission de police (+16% par rapport à 2017), soit la plus forte hausse annuelle enregistrée et le niveau le plus élevé depuis 2009.

© AFP