Une fusillade a fait trois morts dimanche soir à Ollioules (dans le Var, sud de la France). Parmi les victimes : deux hommes connus de la police. Mais aussi une vacancière, dont le mari a également été grièvement blessé.

"La fusillade ressemble un peu à un guet-apens", a estimé lundi le procureur adjoint de Toulon, Dominique Mirkovic, qui "privilégie" la piste du règlement de compte. Les victimes visées, deux hommes de 29 et 30 ans condamnés notamment pour des faits de violences, violences aggravées pour le premier et trafic de produits stupéfiants pour le second en 2017, étaient arrivées "une heure avant" à la station de lavage où a eu lieu la fusillade, a précisé le magistrat.

Une enquête pour "assassinat en bande organisée" et "association de malfaiteurs" a été ouverte. "Nous n'avons pas d'éléments sur les auteurs" de la fusillade, deux hommes qui ont pris la fuite en traversant à pied la rivière située à l'arrière de la station de lavage qu'ils ont également franchie à l'aller, a précisé M. Mirkovic.

Un des deux hommes décédés était porteur d'une sacoche avec un pistolet automatique de calibre 7,65 chargé mais pas "chambré" (la balle n'est pas engagée dans le canon), de 200 grammes de résine de cannabis et d'espèces.

En tout, 29 douilles de 7,62 --utilisées notamment dans les Kalachnikov-- et 15 de 9 mm possiblement tirées par un pistolet automatique ou un mitrailleur ont été retrouvés sur les lieux.

"Les tueurs ne savaient pas tirer, il y a des balles partout, dans les façades des immeubles, dans des voitures", a raconté un enquêteur au Parisien. "C'est terrible à dire car il y a deux victimes collatérales, mais cela aurait pu être bien pire." D'après un témoin, "c'était une scène de guerre".

Un couple à scooter touché

Dans ce déluge de feu, une balle s'est logée dans le dos de Catherine Santos. Cette touriste de 58 ans, originaire de Vesoul, circulait à scooter avec son mari. Philippe Santos a aussi été touché et a été grièvement blessé à l'épaule. Malgré la douleur, il a tenté de prodiguer un massage cardiaque à son épouse, d'après un témoin de la scène interrogé par Le Parisien. La dame décédera pendant que son mari sera hospitalisé. Les jours de ce dernier ne sont plus en danger.

Catherine Santos "était une battante qui se donnait beaucoup", selon un proche. Elle avait créé une entreprise fromagère à Mailley-Chazelot (Haute-Saône), à une quinzaine de kilomètres au sud de Vesoul où elle avait été juge consulaire au tribunal de commerce.

Philippe Santos est, lui, directeur produit d'une entreprise de fabrication de fils d'acier à Conflandey.

Les quinquagénaires ont eu deux enfants, un garçon et une fille, selon un proche de la famille.