Premier meeting de Zemmour: 13.000 sympathisants rassemblés à Villepinte, une manifestation contre le polémiste à Paris

Éric Zemmour tient son premier meeting de campagne pour la présidentielle 2022 ce dimanche à Villepinte.

Premier meeting de Zemmour: 13.000 sympathisants rassemblés à Villepinte, une manifestation contre le polémiste à Paris
©AFP
La Rédaction avec AFP

"Zemmour président", scandent les militants en agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge: Éric Zemmour a réuni plusieurs milliers de partisans dimanche au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), pour un premier meeting de campagne censé démontrer la force de sa candidature, pourtant critiquée, après des déplacements chahutés.

Ils sont 13.000 (15.000 selon Zemmour) à être rassemblés autour de leur candidat, selon les organisateurs. "Impossible n'est pas français", expression attribuée à Napoléon, et un rameau d'olivier --le sens du nom Zemmour en berbère-- sont le slogan et le logo choisis par l'ancien éditorialiste qui doit s'exprimer en milieu d'après-midi. Ce sont d'abord des membres de son entourage et des soutiens politiques qui ont pris la parole pour défendre la candidature de Zemmour. Ce dernier est entré dans la salle et a traversé la foule de sympathisants aux alentours de 17h30, pour aller s'exprimer devant son assemblée, qui l'a ovationné.

A l'entrée du meeting, des militants du mouvement monarchiste Action française distribuaient leurs journaux. "On se rejoint sur certains thèmes notamment l’immigration, la souveraineté", dit Brocard, travailleur social de 24 ans.

Quelque 900 jeunes du mouvement militant "Génération Z", sont présents, selon son président Stanislas Rigault. "Macron démission", criaient-ils pour faire patienter le public.

Des goodies à la Trump comme des casquettes "ben voyons" ou "Zemmour2022", fabriquées au Bangladesh pour certaines, sont vendus en marge de la réunion.

Etaient présents également Pierre-Jean Chalençon, collectionneur d'objets de Napoléon, accusé d’avoir organisé des dîners clandestins pendant le confinement, et l'animateur de télévision Eric Naulleau.

A leurs côtés se trouvait aussi Karim Ouchikh, un proche de l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus, promoteur de la théorie complotiste du "grand remplacement" revendiquée par M. Zemmour (remplacement des populations européennes par des immigrés non européens).

La figure des "gilets jaunes" Jacline Mouraud était là aussi pour soutenir M. Zemmour et "représenter la France populaire".

Le général Bertrand de la Chesnais, ex-tête de liste pour le RN à Carpentras (Vaucluse), qui planche déjà sur les questions de défense, pourrait être nommé directeur de campagne.

L'annonce de la candidature de M. Zemmour avait été jugée "sinistre" par l'ensemble de la classe politique. Outre sa tonalité, la vidéo du candidat avait été critiquée pour son amateurisme avec l'utilisation d'images sans avoir les droits.

Tensions

Un dispositif de sécurité dense a été déployé à Villepinte. Des tensions ont éclaté à la mi-journée entre des dizaines d'opposants à la venue d'Éric Zemmour et les forces de l'ordre, devant la gare du RER.

Une trentaine de personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations, ont été interpellées pour vérification d’identité et conduites au commissariat, selon une source policière.

Dans la salle, les équipes de Quotidien, accréditées et présentes dans la salle, ont été prises à partie par les sympathisants d'Éric Zemmour. La foule a scandé plusieurs fois "Tout le monde déteste Quotidien", alors que les collègues de Yann Barthès tentaient de se frayer un passage dans la salle.

Manifestation à Paris

Dans le même temps, à Paris, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans le calme pour dénoncer la candidature et le discours à leurs yeux "raciste" d'Eric Zemmour, à l'appel d'une cinquantaine de syndicats, partis et associations.

Quelque 2.200 manifestants, selon la préfecture de police, ont défilé dans les rues. Le poing levé et au cri de "Zemmour casse-toi, Paris n'est pas à toi", les manifestants se sont réunis dans le quartier de Barbès et pris la direction du parc de la Villette, où l'ancien journaliste devait initialement tenir sa première grande réunion publique. Son meeting a finalement été déplacé à Villepinte, à cause de "l'engouement populaire" et pour des raisons de sécurité, selon son entourage. "Zemmour a fui Paris", s'est réjoui auprès de l'AFP Simon Duteil, porte-parole de l'union syndicale Solidaires, "c'est important de montrer qu'on ne laisse pas faire le fascisme qui avance". "Les idées d'extrême droite sont banalisées. Nous, on porte des idées humanistes", a estimé Jean-Luc Hacquart, un responsable de la CGT pour l'Ile-de-France. "On s'engage contre les discours racistes (...) Paris n'appartient pas à ces idées-là", a renchéri Raphaël Arnault, porte-parole de la Jeune Garde. Le cortège a terminé son parcours dans le calme à la Porte de la Villette.

Premier meeting de Zemmour: 13.000 sympathisants rassemblés à Villepinte, une manifestation contre le polémiste à Paris
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