Avant la grève dans les écoles françaises, le "président candidat" principale cible des oppositions

A la veille d'une grève géante annoncée jeudi dans les écoles, l'exécutif se trouve mercredi sous le feu des oppositions, qui pilonnent le ministre Jean-Michel Blanquer mais aussi le "président candidat" Emmanuel Macron à 88 jours du premier tour.

Avant la grève dans les écoles françaises, le "président candidat" principale cible des oppositions
©AP

Turbulences aussi au sein d'une gauche divisée autour de la Socialiste Anne Hidalgo, enlisée entre 2 et 5% des intentions de vote. La direction du PS a dû réaffirmer qu'il n'y avait aucune "ambiguïté" dans son soutien à l'actuelle maire de Paris alors que la candidature de Christiane Taubira se rapproche à grand pas.

Attaqué par l'opposition lors des questions au gouvernement au Sénat, le Premier ministre Jean Castex a défendu la stratégie du gouvernement sur la vaccination, "arme centrale" contre le Covid, et le protocole sanitaire dans les écoles.

"Tout n'a pas été parfait" quant à ce protocole, allégé lundi face à la "pagaille" engendrée, a toutefois concédé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. "On a écouté et ajusté", pris en compte la "fatigue et la lassitude" des parents comme des enseignants mais "nous préférons tester plutôt que fermer" les écoles, a-t-il répété à l'issue du Conseil des ministres.

"Très en soutien"

Il a assuré que l'exécutif était "très en soutien" du ministre de l'Education, particulièrement fragilisé après avoir été un des piliers les plus solides du gouvernement avec un record de longévité exceptionnel dans un poste faisant figure de siège éjectable.

"Ca ne sert à rien de l'enfoncer. On ne va pas changer de ministre à moins de 100 jours de la présidentielle. Mais ce n'est pas une situation facile", souligne un poids lourds de la macronie qui regrette surtout des "erreurs de com".

La candidate du RN Marine Le Pen, au coude à coude avec sa rivale de droite dans les derniers sondages derrière le quasi candidat Macron, a assuré sur BFMTV et RMC "comprendre parfaitement" la grève et l'"authentique et légitime" exaspération des Français face à un gouvernement qui leur "pourrit l'existence" et "maltraite" les enfants.

"C'est un désordre et un chaos généralisés dans l'école et moi je ressens cette immense souffrance, à la fois de la communauté éducative, mais aussi surtout des parents", a abondé sur France 2 la candidate LR Valérie Pécresse.

Le porte-parole du PS Boris Vallaud appelle même à la démission du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, qui a affirmé mardi devant les députés qu'"on ne fait pas une grève contre un virus".

Le chef de l'Etat peut au moins se féliciter que l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal au Sénat, dominé par la droite, se fasse dans un climat apaisé, loin de la vindicte des oppositions en première lecture à l'Assemblée, alimentée notamment par l'affirmation de son "envie d'emmerder" les non-vaccinés.

Le Sénat devrait voter mercredi le texte en première lecture, avec des "ajustements", pour une entrée en vigueur de la loi espérée par le gouvernement dès le 17 janvier, en plein rebond pandémique (plus de 23.000 patients étaient hospitalisés mardi soir, dont près de 4.000 en soins critiques).

"Je crains la haine"

Brigitte Macron est revenue de son côté lors d'un entretien sur TF1 sur les violences visant les élus, notamment ceux en faveur du pass: "je crains la violence, je crains la haine, je crains aussi cette espèce de crescendo permanent, on va de plus en plus loin".

Dans les intentions de vote, Emmanuel Macron reste favori. Les deux derniers sondages du jour (Elabe et Harris Interractive) le donne en tête au premier tour entre 23 et 25%, devant Valérie Pécresse et Marine Le Pen, toutes deux à 16-17%, et l'autre candidat d'extrême droite Eric Zemmour (entre 13 et 15%). La candidate RN a accusé Eric Zemmour de servir de "marchepied" à Valérie Pécresse.

A gauche, la Socialiste Anne Hidalgo présente jeudi son projet présidentiel et espère se relancer après sa tentative avortée de rassembler une gauche fragmentée entre cinq candidatures.

L'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, qui se soumettra au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne d'investiture du 27 au 30 janvier, devrait officialiser sa candidature ce week-end.

La direction du PS a nié mercredi auprès de l'AFP des informations de presse affirmant qu'un bureau national aurait acté finalement la participation d'Anne Hidalgo à cette Primaire populaire.

En tête de la gauche dans les sondages, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon continue, lui, de tracer sa route, fustigeant la stratégie de "l'union à tout prix à gauche" qu'il compare à "une machine à désespérer".

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