Les petits candidats mis de côté par TF1? "Il n'y a pas de sous-candidats, il y a simplement des règles"

Réunir 500 parrainages a beau être suffisant pour être officiellement candidat, ça ne l'est pas pour être invité sur le plateau de l'émission spéciale de TF1 ce lundi soir. En effet, seuls huit candidats ont été conviés à "La France face à la guerre".

Ce lundi soir, huit candidats seront présents sur TF1 pour Il s'agit d'Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Fabien Roussel et Éric Zemmour.

Et pas question de débattre ce soir. Les candidats s'exprimeront chacun à leur tour sur la situation en Ukraine, après que l'ordre de passage ait été tiré au sort. L'émission se déroulera en trois phases, explique TF1 sur son site. L'émission commencera par une intervention d'une minute, une "profession de foi", pendant laquelle les candidats peuvent s'exprimer librement. Ils auront ensuite environ 15 minutes pour répondre aux questions d'Anne-Sophie Coudray et de Gilles Bouleau. Enfin, chaque candidat disposera d'un "droit de réponse" de deux minutes pour revenir sur certains points abordés au cours de l'émission.

Pourquoi l'émission fait-elle polémique?

L'émission a suscité de vives critiques. Outre le fait qu'il ne s'agisse pas d'un débat ce qui est une occasion gâchée pour certains, ce sont les quatre candidats non conviés qui se sont indignés sur l'organisation de l'émission sur les réseaux sociaux. En effet, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou seront les grands absents ce lundi soir. Et ils n'ont pas hésité à afficher leur mécontentement.

"Pour être candidat il faut passer l'obstacle des 500 parrainages. Mais pour participer au débat présidentiel sur TF1 il faut en plus passer l'obstacle de Bouygues. C'est comme dans les entreprises, c'est le patron qui décide!", s'est insurgée Nathalie Arthaud sur Twitter.

"Il y a un profond mépris dans cette décision. Un mépris de classe", a estimé Jean Lassalle."Il n'y a pas de grands ou de petits candidats, comme il n'y a pas de petits ou de grands Français",a assuré de son côté Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de France 5 ce jeudi.

Donné devant Anne Hidalgo dans plusieurs sondages, Philippe Poutou a quant à lui dénoncé l'attitude de la chaîne télé. "Le débat démocratique c'est bien, mais ce n'est pas pour tout le monde", a écrit le candidat du NPA. Il a également appelé les autres candidats de la gauche, les appelant à "une réaction démocratique collective".

Seule l'équipe de Jean-Luc Mélanchon aurait évoqué le sujet auprès de la production, assure son directeur de campagne sur Twitter. "Nous avons protesté lors de la réunion organisée par TF1 ce jeudi. Il nous a été répondu que les critères sont ceux de l'Arcom sur le temps de parole. Nous le regrettons, mais ayant été tout seuls à poser le problème, nous n'avons pas pu faire bouger les choses", écrit-il.

"Il n'y a pas de sous-candidats"

C'est en effet de cette façon que le groupe TF1 s'est défendu, assurant respecter les règles fixées par l'Autorité publique française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. "Nous ne faisons que respecter les règles qui s'imposent à tous les médias. Ce sont les règles d'équité. Lundi, nous avons invité les candidats qui ont le droit aux crédits de temps de parole les plus importants au regard des critères de l'Arcom", a indiqué Adrien Gindre, rédacteur en chef du service politique du groupe TF1.

En effet, le temps de parole dévolu à chaque candidat dépend de son poids politique. Il est défini grâce aux sondages qui ont lieu pendant la campagne, mais aussi aux résultats des élections précédentes et à l'implication du camp de chacun des candidats dans la campagne.

Le chef du service politique a assuré que les autres candidats pourraient également avoir accès à l'antenne de TF1. "Il ne faut pas croire qu'il y ait une volonté de la part de TF1 de maltraiter ces candidats", a-t-il assuré. "Nous considérons Jean Lassalle, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Nicolas Dupont-Aignan avec beaucoup de sérieux. Nous leur avons toujours donné la parole. Il n'y a pas de sous-candidats. Il y a simplement des règles dans l'Arcom pour les temps de parole. TF1 n'est pas pour ou contre certains candidats", insiste-t-il.

Adrien Gindre a d'ailleurs rappelé que, deux semaines avant le premier tour, tous les candidats dans la course à la présidentielle seront conviés au '20 Heures' de TF1 pour "s'exprimer dans les mêmes conditions".

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