Présidentielle française: PS et LR, la chute des deux piliers de la Ve république

Ni Anne Hidalgo (PS) ni Valérie Pécresse (LR) n'ont atteint le seuil de 5 % nécessaire pour l’obtention d’un remboursement des frais de campagne.

S.G.
Présidentielle française: PS et LR, la chute des deux piliers de la Ve république
©Montage AFP

À l'annonce des résultats , la salle du Sud parisien réservée par le Parti socialiste s'est figée dans le silence. Peu de militants étaient présents pour entendre Anne Hidalgo, 62 ans, créditée de 1,8 % des voix, appeler à "voter le 24 avril contre l'extrême droite de Marine Le Pen en [se] servant du bulletin de vote Emmanuel Macron".

Ailleurs dans Paris, c'est aussi sans attendre que Valérie Pécresse a concédé une défaite cuisante, à moins de 5 % des suffrages. Elle votera "en conscience" pour le président sortant au second tour face à Marine Le Pen, alors que son parti est menacé d'implosion après cette seconde élimination consécutive au premier tour.

Avec ces deux éliminations, ce sont les deux forces politiques de gouvernement, piliers traditionnels de la Ve République, qui sont évincées de l’élection reine de ce régime politique instauré par de Gaulle en 1958. De quoi donner du grain à moudre aux tenants de la fin du clivage gauche-droite, pourtant structurant depuis près d’un siècle.

Côté socialiste, Anne Hidalgo réalise le pire score d’un candidat à la présidentielle. Le PS, qui était en 2012 à la tête de toutes les institutions (présidence, Assemblée, Sénat), est désormais exsangue, mais dirige encore 25 départements, cinq régions et parmi les plus grandes villes.

Côté Les Républicains, le parti atteint son plus bas historique au premier tour, loin des 20 % de François Fillon en 2017. LR préserve un fort ancrage territorial, mais est rongé de l’intérieur par une radicalisation d’une partie de ses militants, tentés par les candidatures de Marine Le Pen, voire d’Éric Zemmour.

Les recompositions de forces en amont des législatives du 12 juin détermineront le futur de ces deux partis. Dans l’immédiat se pose une autre question : aucune des deux candidates n’a atteint le seuil de 5 % nécessaire pour l’obtention d’un remboursement des frais de campagne.

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