"Il n'y a qu'une seule stratégie possible pour Marine Le Pen" pour gagner le second tour de la présidentielle

Même si Emmanuel Macron a terminé en tête du premier tour de l'élection présidentielle française, le président français a estimé face à ses militants que rien n'était joué. Marine Le Pen a quant à elle décidé de miser sur le vote anti-Macron.

M.R.

Au lendemain du premier tour de la présidentielle française, tous les observateurs ont déjà les yeux rivés sur la prochaine échéance, le 24 avril. C'est à cette date que les Français retourneront aux urnes pour trancher entre les deux "finalistes", Emmanuel Macron et Marine Le Pen. L'actuel président, en tête du premier tour avec 27,6% des voix, a tenu à mettre en garde ses militants dans la foulée de l'annonce des résultats, les appelant à ne ménager aucun effort durant 15 jours. "Rien n'est joué !", a-t-il lancé depuis son QG.

Des réserves de voix non-négligeables

Pourtant, dans la soirée, de nombreux candidats déchus - dont Fabien Roussel et Anne Hidalgo - avaient déjà appelé leurs partisans à voter Macron. Jean-Luc Mélenchon avait pour sa part demandé à ses militants de ne donner "aucune voix à l'extrême droite". Pécresse a confié dans son discours de défaite qu'elle voterait Macron. De quoi assurer une réserve de voix suffisante pour le président pour espérer l'emporter sans difficulté au second tour ? Tout d'abord, qui dit consignes de vote ne dit pas forcément voix assurée pour le candidat. Plusieurs camps risquent de voir leur électorat partagé, comme celui de Pécresse. Le président devrait bénéficier d'un certain nombre de voix de supporters de la candidate LR. "Mais cela représente peu de suffrages", précise Bernard Sananès, président de l'institut de sondage Elabe, interrogé sur BFMTV.

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Les Français ayant voté Mélenchon (qui a récolté plus de 20% des voix) vont être dans le viseur des deux candidats du second tour. Pour le président de l'institut de sondage Elabe, l'abstention risque d'être forte dans les rangs des électeurs insoumis, dont le candidat a refusé d'appeler à voter Macron. "On verra un tiers Macron, un tiers Le Pen, un tiers abstention", a présagé Barnard Sananès sur BFMTV. "(...) Quelle colère sera la plus forte: la colère anti-Macron ou le rejet de Le Pen ? C'est une des question de ce second tour", continue-t-il.

"Un piège qui se refermerait sur Macron"

Martial Foucault, directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), a pour sa part mis en garde contre "un piège qui pourrait se refermer sur Emmanuel Macron", en pointant l'installation d'un clivage populiste/progressiste. "Il existe un risque d'un fort ressentiment anti-Macron. Ce ne sont pas des gens qui partagent des mêmes conditions sociales qui se retrouveraient derrière cette coalition", a-t-il expliqué sur TV5 Monde.

C'est d'ailleurs sur le "dégagisme" que devrait jouer Marine Le Pen tout au long de cet entre-deux-tours. "Elle doit aller prendre des électeurs partout ailleurs (pour gagner le second tour, ndlr.) et donc pour ça il n'y a qu'une seule stratégie possible: apparaître comme le vote utile anti-Macron", détaille Laurent Neumann, éditorialiste politique de BFMTV. Le président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, a estimé d'ailleurs sur les ondes de France Inter que la réserve de voix de la rivale de Macron se trouvait "chez les 70% de Français qui ont voté contre le président " dimanche.

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