Marine Le Pen: "En cas de victoire, mon père sera présent à l'Elysée"

Marine Le Pen candidate du Rassemblement national lors cette présidentielle a accordé sa première longue interview de cet entre-deux-tours.

Marine Le Pen: "En cas de victoire, mon père sera présent à l'Elysée"
©ABACAPRESS

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national au second tour, répondait cet après-midi aux questions de BFM TV dans un long entretien en direct. Tout d'abord, est-elle prête pour mener un pays ? "Je suis élue depuis des décennies. Macron on ne le connaissait pas quand il est arrivé à l'Elysée", lance d'emblée la candidate extrémiste.

Et si les Français la choisissent, avec qui travaillera-t-elle ? "Si les Français m'élisent, c'est parce qu'ils ne veulent plus de cet entre-soi , et veulent que le pays soit dirigé pour eux, par les Français. Je ne veux pas leur donner un gouvernement de technicien avec McKinsey, je veux des politiques", insiste-t-elle. "Je ne vous dirai pas qui sera mon ou ma premièr(e) ministre, personne ne le fait. Mais ce sera un politique, une chef d'équipe qui respectera la cohérence de mon projet."

Sur la réforme des retraites, les deux candidats ont des idées très différentes. Macron estime que les idées de Le Pen ne seront pas financées, qu'elle raconte des "carabistouilles". La candidate lui répond que ce n'est pas très argumenté et de toute manière elle estime que Macron est brutal et agressif à son égard. Pour Marine, les dires de Macron sur le départ à la retraite se basent sur des études faussées et selon elle "oui, c'est possible de changer le système sans le mettre en péril."

Et l'Union ?

La candidate RN a renoncé depuis un moment à sortir de l'Union européenne et de l'euro, mais à certaines conditions. "J'expose des exigences pour rester en effet. Mais ce qui est bizarre c'est que les autres pays le font aussi, sauf la France. L'Allemagne, par exemple, met des exigences pour défendre ses intérêts nationaux. La France ne le fait pas, et ça c'est bizarre", selon la candidate qui plaide pour une "Alliance européenne des Nations". Késaco ? "Ce serait une union avec la Pologne, la Hongrie, et l'Allemagne par exemple pour dire que la constitution nationale est la loi suprême des peuples. Donc les droits et traités ne peuvent pas les supplanter."

Quelle position face à la Russie ?

La candidate du Rassemblement national a déjà eu recours à des fonds russes pour financer ses actions.

En 2014, le parti du Front national, a eu recours à des fonds russes : un prêt a été souscrit auprès de la banque russe, la First Czech-Russian Bank (FCBR), fermée en 2016. Cette fois-ci, pour la campagne présidentielle, Marine Le Pen a obtenu des fonds hongrois. A-t-elle un conflit d'intérêt avec la Russie ? "Oui, j'ai un prêt, mais je suis juste obligée de le rembourser. C'est la seule obligation, rien d'autre. Et si je suis obligée d'aller jusqu'en Russie pour trouver de l'argent, c'est parce qu'en France personne n'a voulu m'en donner", justifie la candidate. "Je n'ai pas d'autres obligations envers la Russie, comme tout citoyen français qui emprunte de l'argent."

La candidate assure qu'elle n'a aucune raison d'aller en Russie avant que les troupes russes aient quitté le territoire ukrainien et qu'un traité de paix ne soit signé.

Le voile

La position de la candidate d'extrême droite reste radicale. "Tout ça est contraire à nos valeurs, au respect des femmes. Ce sont des uniformes imposés par les islamistes qui ont pour objectif de mettre la pression sur celles qui n'en portent pas. Je pense qu'il faut interdire et sanctionner le port du voile, avec une amende comme pour le port du masque", lâche-t-elle.

Qu'est-ce qui se passe en cas de victoire et en cas de défaite de Marine Le Pen ? Et ce que son père sera présent à la passation de pouvoir si elle gagne ? "En cas de victoire, mon père sera à l'Elysée. Si je perds, je continuerai à défendre les Français, parce que j'ai fait ça toute ma vie."