Marine Le Pen : "Si les Français ont à faire barrage c’est au retour d’Emmanuel Macron"

Marine Le Pen organisait ce jeudi, en début de soirée, un meeting à Avignon.

Marine Le Pen : "Si les Français ont à faire barrage c’est au retour d’Emmanuel Macron"
©AP

Marine Le Pen cherche à séduire de nouveaux électeurs. Elle tenait ce jeudi, aux alentours de 18 h 30, son premier meeting de l’entre-deux-tours à Avignon. Quatre mille personnes y sont attendues. Lors du premier tour, la candidate du RN a été largement devancée dans cette ville par Jean-Luc Mélenchon (36,87 %, contre 18,94 %).

Tout comme son adversaire, Emmanuel Macron, Marine Le Pen espère récupérer les votes des électeurs "insoumis".

"Nous voilà arrivés presqu'au bout du chemin pour la défense du peuple (...), chemin que nous avons parcouru avec chevillé au corps, le sentiment qu'il nous fallait porter le message d'amour du pays, d'attachement à la nation, d'unité du peuple français. Nous avons été entendus et nous voici au second tour de cette élection présidentielle", a commencé la candidate du Rassemblement National.

Son discours a duré un peu moins d'une heure. Quelque 4000 personnes seraient présentes sur place. "On va gagner", crient les militants présent dans la salle.

Appel aux abstentionnistes

Marine Le Pen a ensuite continué en remerciant les Français qui l'ont accompagnée et soutenue "lors de ce long périple", sans qui "aucun succès" n'aurait été possible. Elle a invité les abstentionnistes à venir voter lors du second tour. "Quand le peuple vote, le peuple gagne!", dit-elle. La candidate précise qu'elle s'adresse "à tous les Français". "Dès lors que c'est du pays qu'il s'agit, que c'est du futur et du bien de nos enfants dont il s'agit (...) A tous, patriotes de droite, patriotes de gauche ou d'ailleurs, je dis (...) notre seul parti c'est la France, notre seul moteur, c'est les Français, notre seul but, c'est la nation !"

"Le bloc populaire contre le bloc élitaire"

Marine Le Pen a également évoqué l'attitude de son adversaire, "ce candidat président qui refusa d'être candidat au premier tour pour n'être que président et qui au second tour ne pense qu'à être candidat en oubliant d'être président". "Le 24 avril, si les Français ont à faire barrage c'est au retour d'Emmanuel Macron", a-t-elle déclaré, avant d'enchaîner avec une longue tirade.

"Faire barrage à l’effondrement du pouvoir d’achat des Français, au matraquage fiscal, à la retraite à 64 ou 65 ans - on ne sait plus. Faire barrage au laxisme judiciaire ; faire barrage à une immigration qui met en péril nos systèmes sociaux ; faire barrage à un nouveau quinquennat de désolation sociale et de déconstruction nationale ; faire barrage à cette caste qui nous gouverne avec arrogance".

Elle a rappelé les sorties de route d'Emmanuel Macron, "mots de mépris et d'inutile tension", de ces dernières années. "Ceux qui ne sont rien, les non-essentiels, les ouvrières illettrées, ou ceux qui fument des clopes et roulent au diesel". "Ces mots sont d'une violence symbolique terrible qui démontre un rapport de force avec le peuple", continue-t-elle.

Pour Marine Le Pen, "ce rendez-vous du 24 avril met face à face le bloc populaire contre le bloc élitaire".

Marine Le Pen promet de redresser le pays "en cinq ans"

La candidate du RN estime que "l'oligarchie a effondré l'école et l'hôpital public" sous Emmanuel Macron. "Il laisse 600 milliards de dettes supplémentaires à notre pays. Ce peuple, c'est vous qui subissez ce pouvoir dont vous ne voulez plus, dont, en réalité, plus grand monde ne veut. (…) Je crois que le moment est venu de fermer une parenthèse d'un système à bout de souffle. Un système centré autour d'un homme seul", a lancé Marine Le Pen.

"Nous, nous proposons au pays un projet réellement alternatif. Nous avons la passion de l'avenir, explique Marine Le Pen. Par attachement à la justice, à la vérité, à la liberté. Je crois que notre projet ressemble à la France, (…) cette France qui ne demande qu'à éclairer le monde de sa lumière. La sécurité républicaine face aux mafias. (…) L'égalité, celle de la justice sociale, de la méritocratie, celle qui donne à chacun la chance d'évoluer dans la société. (…) Il est temps de remettre la France en ordre. Nous le ferons en cinq ans" , promet la candidate, qui dénonce la succession de pouvoir "avec le même formatage".

Un référendum d’initiative citoyenne

Marine Le Pen a assuré qu'elle lancerait "le grand chantier du ressourcement démocratique de notre pays". Elle prévoit, entre autres, d'instaurer le référendum d'initiative citoyenne, où "500 000 citoyens pourront s'emparer d'un sujet et avoir l'initiative d'une consultation". La candidate d'extrême droite promet aussi un référendum sur l'immigration, "un grand débat qui n'a jamais eu lieu".

"Je rendrai à tous les Français des villes, des banlieues ou des campagnes, leur sécurité et même leur tranquilité". Elle promet de "redonner aux femmes la liberté, le droit absolu de ne pas être harcelé dans la rue. Les femmes ne doivent plus être des proies, elles doivent être libres et respectées".