Présidentielle française: le mail de la présidente de l’Université de Nantes aux étudiants ne passe pas

Elle avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen lors du second tour de la présidentielle.

Présidentielle française: le mail de la présidente de l’Université de Nantes aux étudiants ne passe pas
©afp
J.F.

Il y a quelques jours, nous vous expliquions que Carine Bernault, la présidente de l’Université de Nantes, avait envoyé un mail à tous les étudiants de l’établissement pour leur demander de faire barrage à Marine Le Pen. En tout, 42.000 jeunes et 4.000 membres du personnel avaient reçu ce mail qu’elle qualifiait « d’inhabituel », mais destiné à protéger « les fondements de notre société. » Depuis, la polémique enfle.

Les premiers à réagir ont été les militants du Rassemblement national. Jordan Bardella, le président par intérim du mouvement, qualifie l'initiative de la présidente de "faute lourde". Suivis par d'autres, comme Laurence Garnier, sénatrice LR de Loire-Atlantique, qui ont déploré une façon de faire "inappropriée".

Quelques jours plus tard, c'est carrément la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale (CNCCEP), qui a rappelé les bonnes pratiques en période électorale. Si l'affaire n'est pas explicitement citée, la Commission rappelle tout de même "qu’un fichier d'adresses professionnelles comportant des données personnelles ne saurait en principe être utilisé à des fins de propagande ou de démarchage." Toute ressemblance avec des faits existants ne saurait être fortuite...

Pourquoi ce mail fait-il polémique?

En réalité, deux choses posent problème dans cette initiative. Premièrement, la présidente a utilisé un fichier d'adresses obtenues dans un cadre professionnel et étudiant. Deuxièmement, elle s'exprime en tant que fonctionnaire présidente d'une université. Or, elle est tenue au principe de neutralité. Comme l'explique Louis le Foyer de Costil, avocat des enseignants à Libération, "elle aurait eu le droit de s'exprimer en son nom sur son compte Twitter, mais le problème (...) est qu'elle a fait état de sa qualité de présidente."

Au moment où l'affaire a été publiée dans les médias, les proches de la présidente avaient expliqué que "sa position est en accord avec celle publiée la veille par France Universités (NDLR : une organisation qui rassemble 116 établissements français du supérieur)." Dans cette publication, l'organisation appelait effectivement à voter Emmanuel Macron. Or, selon le même avocat, France Universités avait le droit de s'exprimer car elle n'est pas soumise au principe de neutralité, ce qui n'est donc pas le cas de Carine Bernault.

Pointée du doigt, la présidente n’a toujours pas réagi. Théoriquement, elle risque pourtant des sanctions. Sébastien Pilard, le porte-parole d’Eric Zemmour, va même jusqu’à demander son exclusion.

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