La campagne présidentielle française débarque en Belgique: les Insoumis se demandent pourquoi voter Macron

Les électeurs de Mélenchon sont encore indécis pour le second tour dimanche et demandent à La République en marche de les convaincre.

La campagne présidentielle française débarque en Belgique: les Insoumis se demandent pourquoi voter Macron
©AFP
V.dL

Ce mercredi 20 avril, à quatre jours du retour aux urnes des Français pour le second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron (La République En Marche) et Marine Le Pen (Rassemblement National) vont se faire face dans un seul et ultime débat d'entre deux tours. Alors que les candidats intensifient la campagne dans l'Hexagone, cette dernière débarque timidement en Belgique.

Le soir du premier tour, après sa défaite, Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) s'est acharné à le répéter: "pas une seule voix pour l'extrême droite." Le patron des Insoumis n'a cependant pas donné de consigne de vote claire à ses électeurs du premier tour. Libre à eux de voter comme ils le souhaitent : blanc, nul, Macron, ou s'abstenir. Ces électeurs représentent 22% des votants du premier tour et joueront donc un rôle très important au second.

Qu'est-ce qui pourrait convaincre ces électeurs de Jean-Luc Mélenchon à pousser un bulletin en faveur d'Emmanuel Macron dans l'urne ? C'est la question que Sophie Rauszer, cheffe de file de la France Insoumise au Benelux, a voulu poser à Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français établis hors de France (Benelux). Elle l'a donc invité à répondre aux questions des électeurs de La France Insoumise à Bruxelles. Le député LREM s'est contenté de répondre à Sophie Rauszer par un mail que La Libre a pu se procurer.

"Pourquoi voter pour Emmanuel Macron plutôt que de voter blanc ou de s’abstenir ? Au fond, cette requête revient à me demander de vous expliquer pourquoi Marine Le Pen, héritière et tenante de l’extrême droite la plus dure, ne doit pas arriver au pouvoir en France", entame le député français qui a refusé l'invitation. "Lorsque l’on est républicain, que l’on croit dans les valeurs humanistes qui fondent notre République, on ne transige pas avec l’extrême-droite", insiste-t-il.

Contactée par La Libre, Sophie Rauszer n'a pas l'air satisfaite par la longue réponse de Pieyre-Alexandre Anglade. "Il présente LREM comme les défenseurs des valeurs républicaines, mais on compte bien lui rappeler certains éléments. D'abord Darmanin qui estime que Marine Le Pen est 'trop molle'. Et puis, les tentes lacérées à Calais et j'en passe." Alors quels sont les arguments qui pourraient convaincre les électeurs de LFI, selon elle ?

"Les arguments, c'est à eux de les donner", lance la cheffe de file. "Mais il y a déjà un constat sur les violences policières. Marine Le Pen dit qu'elle amnistiera pas les Gilets jaunes. Il y a, il me semble, premier point de discussion avec Emmanuel Macron. Mais pour l'instant, il ne se positionne sur rien et son programme est assez vide. Il est vide au niveau social, et il est assez succinct de manière générale", fustige l'Insoumise. "En matière climatique, il a annoncé un ministère de la planification écologique. Le terme vient de nous, donc on est très contents. Mais quels sont les engagements derrière ? Pour le moment, il compte juste planter trois arbres."

Sophie Rauszer plaide pour que LREM annonce clairement la couleur des cinq années à venir si Macron est reconduit. "Il ne faut pas laisser de la place à l'extrême droite - dont le programme est tout aussi vide - mais qui a bien compris l'intérêt de faire du gringue aux électeurs français sur le social", conclut la politique.

"L’extrême droite, il faut lui barrer la route"

Après avoir décliné l'invitation de Sophie Rauszer, Pieyre-Alexandre Anglade a justifié ce refus auprès de La Libre. "La France Insoumise et leurs représentants sont déjà dans une logique législative. Il y a pourtant une élection présidentielle qui se joue actuellement. La façon de faire n'est pas honnête. Elle voulait juste m'inviter dans une salle avec la presse et des militants Insoumis", estime le macroniste. "De plus, elle parle des 22% de Mélenchon comme si tous les électeurs l'avaient délibérément choisi. Or, il y a eu aussi un vote utile à gauche."

Alors, en plus de l'évident barrage à l'extrême droite, les arguments pour voter Macron ? Dans sa réponse par mail, Anglade tire un bilan élogieux du mandat de Macron. Un président qui "a eu à cœur de protéger quoi qu'il en coûte l'emploi, les salaires et le pouvoir d'achat des Français", selon le député des Français du Benelux. Et par téléphone, il avance des perspectives pour les années à venir.

"À Marseille, Emmanuel Macron a annoncé un Premier ministre directement en charge de la planification écologique", rappelle l'interviewé. "Il a également annoncé qu'il conditionnerait la rémunération des dirigeants au respect des objectifs environnementaux. Au niveau social, Macron propose notamment des allocations à la source pour que les personnes qui y ont droit les perçoivent de manière automatique. Il veut plus de souplesse pédagogique, et dans un autre registre, continuer la refondation de l'hôpital", insiste le politique.

"Mais vraiment, lorsque l'extrême droite, raciste et xénophobe, frappe à la porte du pouvoir, il faut lui barrer la route'', conclut Anglade.

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