Montpellier : sondages et résultats de l’élection présidentielle 2022 en direct

Cette année a lieu l'élection présidentielle française. Lors du premier tour, 48 millions d'électeurs français et électrices françaises se sont déplacés vers les urnes. Mais quels sont les résultats à Montpellier ? Et que disent les sondages de la présidentielle 2022 pour le second tour ?

La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française
La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française ©BELGA
MDT

Pour le premier tour de l'élection présidentielle française, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé premier du scrutin à Montpellier avec un peu plus de 40 % des voix, ce qui est pratiquement le double de son résultat au niveau national. Emmanuel Macron, le président sortant, a fait un score de 22,4 %, suivi d'assez loin par Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement National, avec 12, 4 % des voix. Éric Zemmour et Yannick Jadot ont quant à eux obtenu un peu plus de 6 % des suffrages exprimés, alors que Valérie Pécresse a réalisé un score encore plus faible que la moyenne nationale avec un petit 3 %, proche d'Anne Hidalgo qui ne fait que 2 % des voix.

La grande surprise de cette élection présidentielle 2022 à Montpellier est donc le score de Jean-Luc Mélenchon. Le taux de participation à l'élection à Montpellier est proche du taux national avec 72,45 % de votants.

>> Retrouvez tous les résultats du premier tour à Montpellier sur le site officiel du gouvernement

>> Retrouvez toute l'actu du premier et second tour de la présidentielle dans notre section dédiée

Pourquoi la Belgique peut-elle donner des résultats en avance ?

Ce dimanche 10 avril, les médias belges, et en particulier La Libre Belgique et la RTBF, ont donné l’estimation des résultats bien avant la France. En effet, les médias français ont l’obligation d’attendre 20 heures, heure à laquelle tous les bureaux de vote ont fermé leurs portes, sans quoi ils peuvent être sanctionnés avec une lourde amende de 75 000 euros à la clé. En revanche, cette règle ne s’applique pas aux médias étrangers ; les médias belges utilisent alors les estimations des instituts de sondages, ainsi que des résultats partiels venant des territoires d’Outre-mer dont les bureaux de vote ont déjà commencé à dépouiller les bulletins de vote, en raison du décalage horaire, pour pouvoir diffuser les premiers résultats connus et les tendances électorales.

L'élection présidentielle en France en 2022

On peut retirer quatre enseignements du premier tour de scrutin de l’élection présidentielle française : un score historiquement haut pour l’extrême droite, la chute des Républicains, le report des voix sur le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et un record de l’abstention.

Les partis d’extrême droite

Près d’un électeur sur trois s’étant rendu aux urnes dimanche 10 avril a choisi de voter pour un candidat d’extrême droite. Marine le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan totalisent à eux trois 32,25 % des voix (et plus de 50 % des suffrages exprimés dans 4500 communes).

Nicolas Dupont-Aignan, avec son parti Debout la France, se présentait pour la troisième fois. Gaulliste social et souverainiste assumé, il a obtenu un peu plus de 2 % des voix.

Éric Zemmour a créé la surprise en se présentant à l'élection en tant qu'ancien journaliste politique et polémiste. Il a créé pour l'occasion le parti Reconquête qui a très vite récolté plus de 100 000 adhérents. Il est d'abord monté assez haut dans les intentions de vote, aux alentours de 17 %, pour n'obtenir finalement que 7,1 % des voix.

Marine Le Pen, après avoir échoué deux fois aux présidentielles, (elle avait affronté Emmanuel Macron lors des élections de 2017), a fait un score historiquement haut avec 23,1 % des voix. Son parti, le Rassemblement National, fait suite à celui de son père, le Front National, qu'elle a essayé de dédiaboliser. Arrivée en seconde place de ce premier tour de l'élection 2022, c'est elle qui a affronté Emmanuel Macron lors du débat du 20 avril.

La droite libérale

La droite libérale, représentée par le parti LR (Les Républicains), héritier de l'UMP de Sarkozy et du RPR de Chirac, avait choisi lors de primaires Valérie Pécresse pour mener la campagne présidentielle. Aux précédentes élections, François Fillon avait obtenu 20 % des voix. Cette fois-ci, le score a été divisé par 4 puisqu'elle n'a même pas obtenu 5 % des voix. On assiste donc à un effondrement de la droite traditionnelle, qui s'efface derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Le gros score de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, de la France insoumise, est en progression de deux points par rapport aux dernières élections de 2017. Il se présentait pour la troisième fois et a obtenu 22 % des suffrages exprimés, rattrapant presque Marine Le Pen. Il a amélioré son score dans toutes les grandes villes de plus de 100 000 habitants et dans les territoires d'Outre-mer. Il a siphonné la plupart des voix des autres partis de gauche.

Les autres partis de gauche

Tous les autres partis de gauche ont fait un score très bas :

  • Nathalie Artaud : Lutte ouvrière : 0,6 % ;
  • Philippe Poutou : NPA (Nouveau parti anticapitaliste) : 0,8 % ;
  • Anne Hidalgo : Parti Socialiste, maire de Paris, 1,7 % ;
  • Fabien Roussel : Parti communiste : 2,3 % ;
  • Jean Lassalle : Résistons ! : 3,1 % ;
  • Yannick Jadot : Écologiste : 4,6 %.

Le président sortant : Emmanuel Macron

C'est Emmanuel Macron qui est sorti vainqueur de ce premier tour d'élection présidentielle 2022. Il a su attirer les électeurs de François Fillon qui ont déserté le parti LR. Il s'est donc représenté pour un second quinquennat, comme candidat de son propre parti LREM (la République en marche). À l'issue d'une campagne de courte durée, il a obtenu 27,8 % des voix.

Histoire politique récente de la ville de Montpellier

Montpellier a depuis longtemps une tradition de gauche et a mis en tête du premier tour de l'élection présidentielle française Jean-Luc Mélenchon, devant Emmanuel Macron. Comme pour l’ensemble du territoire, l’abstention a été forte, 27,5 %, faisant suite à une désaffection constante pour le scrutin : 34,6 % pour les élections municipales de 2020 et 28 % pour les élections régionales et les élections départementales de 2021.

L'élection présidentielle 2017

A l'élection présidentielle de 2017, Mélenchon était déjà arrivé en tête avec 31,4 % des voix, dépassant Macron de 7 points (24,6 %). François Fillon avait obtenu 15,7 % et Marine le Pen 13,3 %. Rappelons qu’à l'élection de 2012, les Montpelliérains avaient placé François Hollande loin devant Nicolas Sarkozy. En 2017, le candidat des Républicains avait obtenu ses meilleurs scores dans les quartiers bourgeois de la ville (Centre-ville et quartier d' Aiguelongue) et ses scores les plus mauvais dans les quartiers plus populaires (la Paillade et Croix d’argent).

Marine Le Pen comptait ses votes dans les quartiers sud de la ville, chez les classes populaires et la classe moyenne.

Jean-Luc Mélenchon avait séduit largement les quartiers les plus populaires de la Paillade, Hôpitaux-Facultés et Aiguelongue.

Emmanuel Macron obtenait ses meilleurs résultats dans les parties les plus aisées de la ville : (les quartiers des Beaux-arts, du Centre-ville et de Port Marianne.

Élections municipales 2020

Aux élections municipales de 2020, le socialiste Michaël Delafosse, allié à EELV (Europe Ecologie-Les Verts) est devenu le 62e maire de la ville avec 47 % des voix. Ce résultat a signé un retour en force des socialistes dans la ville. Au deuxième tour, il y a eu une triangulaire entre trois listes écologistes et citoyennes, sans parti de droite. La France insoumise, pourtant arrivée en tête de l’élection présidentielle de 2017, n'a pas présenté de candidat, soutenant les listes écologistes et citoyennes. Michaël Delafosse s’est finalement imposé contre le maire sortant Philippe Saurel et l’alliance anti-système autour de l’homme d’affaires Mohed Altrad.

Sur le même sujet