Nice : sondages et résultats de l’élection présidentielle 2022 en direct

Des millions d'électeurs, électrices, militants et militantes se sont déplacés aux urnes le 10 avril 2022 pour le premier tour de l'élection présidentielle française. Mais quels sont les résultats à Nice ? Et que disent les sondages de la présidentielle 2022 pour le second tour du scrutin ?

MDT
La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française
La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française ©belga

Le second tour de la présidentielle à Nice

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Les résultats et sondages de la présidentielle 2022 à Nice (premier tour)

A Nice, les résultats des dernières élections présidentielles françaises se caractérisent par la quasi inexistence des plus petits candidats (6 candidats ne dépassant pas les 2%) et la sur-représentativité de l'extrême droite et plus particulièrement d'Eric Zemmour , qui engrange ici 14,25% des bulletins exprimés contre 7,07% au national. Les résultats d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse et Yannick Jadot correspondent à peu près à leurs niveaux nationaux (respectivement 25,16%, 22,44%, 21,43%, 5,11% et 4,21%). On constate néanmoins un certain resserrement en tête lors de cette élection présidentielle 2022, où, surprise dans cette ville traditionnellement très à droite, Jean-Luc Mélenchon talonne Marine Le Pen . Enfin, la participation a été très légèrement en-deçà du niveau national, avec un taux établi à 69,02%.

L’annonce en avance des résultats de l'élection présidentielle en Belgique : le pourquoi du comment

Comme les autres Français, les électeurs niçois anxieux ou impatients ont pu découvrir dès 18h les premières estimations de l'élection présidentielle française sur les sites internet des médias belges. En effet, si la loi française interdit aux médias de l'Hexagone la publication de nouveaux sondages du vendredi précédent l'élection à la clôture de tous les bureaux de vote à 20h, cette loi ne s'applique pas aux médias belges . Ceux-ci ont donc pu annoncer en avance la qualification au second tour d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

Les résultats nationaux : le candidat-président Macron en tête, la défaite des partis traditionnels, des Républicains aux Socialistes

Toutefois, le coup de tonnerre de cette élection présidentielle française n'a pas été le résultat des deux favoris, mais la déconfiture historique des deux grands partis politiques qui avaient rythmé la vie démocratique française depuis au moins 1974. Ni Valérie Pécresse (Les Républicains, 4,78%), ni Anne Hidalgo (Parti socialiste, 1,75%) n'atteignent les 5% nécessaires à un remboursement de la campagne électorale. Il est dès lors difficile de prévoir l'avenir de ces deux partis tant ils ont paru inaudibles, dépourvus de personnalités fortes et en perte de légitimité.

A gauche, l'éclatement des forces, en dépit des désistements de Christiane Taubira et d' Arnaud Montebourg , a provoqué la disqualification de l'ensemble des candidats, Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise), toujours à l'aise en campagne, a finalement échoué à 1,20% de Marine Le Pen (Le Rassemblement National) lors du premier tour de scrutin. L'ensemble des forces de Gauche (en ce compris les écologistes crédités de 4,63%) représente environ 32% de l'électorat. Encore à quasi égalité avec Yannick Jadot et Fabien Roussel il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon a sans doute profité d'un frémissement dans les sondages d'opinion qui ont fait de lui, comme en 2017, le candidat de gauche le mieux placé et donc celui à qui il fallait donner sa voix. De leurs côtés, comme bien souvent et contrairement aux élections intermédiaires (locales et européennes), les Ecologistes ne sont pas parvenus à s'imposer dans le débat et stagnent en deçà des 5%.

De son côté, Marine Le Pen a dû faire face à une candidature à sa droite, celle d' Eric Zemmour qui lui a ravi 7 points. Ainsi, peut-être plombé par la guerre en Ukraine et ses sympathies pro-Poutine, le polémiste n'a pas réussi un pari qu'il a pu croire à un moment bien entamé. Il sera néanmoins parvenu à imposer ses thèmes de prédilection et parfois ses analyses et aura contribué à piéger Valérie Pécresse tandis qu' il recentrait l'image de la candidate Marine Le Pen , provoquant un basculement d'une partie de l'électorat des Républicains vers le Rassemblement National. Les questions sur le mouvement politique créé par Eric Zemmour concernent plutôt son avenir et les prochaines législatives. Parviendra-t-il à s'imposer durablement dans le paysage politique français ?

Le président sortant, Emmanuel Macron , qui vise sa réélection à un nouveau quinquennat, a pu se faire quelques frayeurs les jours précédant l'élection en percevant dans les derniers sondages d'opinion une dynamique contraire à celle qu'il avait connue en 2017. Avec près de 28% des suffrages exprimés , le soulagement doit dominer dans son camp après les résultats du premier tour de la présidentielle. Les forces sont désormais tendues, à La République En Marche ! comme au Rassemblement National vers le deuxième tour des élections. Pour les autres partis, après les débriefings, sans doute douloureux au PS comme au LR, l'impatience d'arriver aux législatives de juin est déjà palpable.

On constate enfin que le taux de participation continue de s'effriter en France depuis 2007. Le taux d'abstention a encore augmenté de 4 points par rapport aux dernières élections pour s'établir à 26,31%. Rappelons qu'il était en 2007 à 16%.

Nice, une ville traditionnellement à droite

Les électeurs niçois se sont donc déplacés aux urnes à peu près dans les mêmes proportions que l'ensemble des Français. Et, hormis la bonne performance d'Eric Zemmour sur la Promenade des Anglais , les résultats de l'élection présidentielle française ont suivi le schéma national qui laisse peu de places aux partis de gauche. La tendance au vote à droite et à l'extrême droite est une tradition de la capitale azuréenne, même si Christian Estrosi, maire de droite de la ville depuis 2008 avec un cours intermède en 2016, a entretenu des relations ambigües avec le macronisme.

Aux dernières élections régionales (2021), la liste électorale de Thierry Mariani (RN) est arrivée légèrement en tête au premier tour devant celle de Renaud Muselier (LR, mais intégrant plusieurs éléments LREM), toutes deux à 37% tandis que la liste de gauche ne totalisait que 13%. Aux départementales , les résultats étaient marqués dans les mêmes proportions, la liste LR menée par un candidat proche du très à droite Eric Ciotti totalisant 44% et le RN 30%, ne laissant que 20% à la liste de rassemblement à gauche. Précédemment, les Européennes ont vu une large victoire de la liste RN de Jordan Bardella à Nice (28%) devant la liste LREM à 22% et celles des Verts et du LR, toutes deux à 11%.

Au pied de la cathédrale Saint-Nicolas, on vote donc plutôt à droite, voire à l'extrême droite. Cette habitude s'est vérifiée lors de la dernière élection présidentielle française, en 2017. Au premier tour, les Niçois ont alors voté pour François Fillon (26%), Marine Le Pen (25%) et Emmanuel Macron (20%), l'ensemble des votes à gauche atteignant difficilement les 20%. Au deuxième tour néanmoins, les chiffres niçois suivaient la tendance nationale (60% pour le candidat LREM contre 40% à son adversaire). Rappelons enfin qu'en 2002, Nice était l'une des très rares grandes villes de France à avoir placé Jean-Marie Le Pen (Front National) en tête au premier tour d'une élection présidentielle qui a sonné comme un déclic pour beaucoup de Français.

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