Paris : sondages et résultats de l’élection présidentielle 2022 en direct

Le premier tour de l'élection présidentielle française s'est tenu le 10 avril 2022. 48,7 millions d'électeurs ont été invités à se déplacer aux urnes pour élire leur nouveau Président. Mais quels sont les résultats à Paris ? Et que disent les sondages de la présidentielle 2022 pour le second tour ?

La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française
La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et le président et candidat du parti La République en Marche (LREM) Emmanuel Macron, qui s'affrontent au second tour de la présidentielle française ©Belga
MDT

Les résultats et sondages du second tour à Paris

>> Pour avoir plus d'informations sur les votes parisiens, consultez le site du gouvernement qui recense tous les résultats de Paris .

>> Pour suivre l'intégralité de l'information liée aux élections françaises, suivez notre rubrique dédiée à l'élection présidentielle 2022

Les résultats du premier tour de la présidentielle 2022

Comme le prévoyaient les sondages, et à l'image de l'élection française de 2017, Emmanuel Macron (La République en Marche) et Marine Le Pen (le Rassemblement National) ont été qualifiés pour le second tour. Cependant,le vote parisien est à part. En effet, le Président sortant, candidat à sa propre réélection, arrive en tête avec 35,33% des voix (contre 27,85% au national), mais c'est Marine Le Pen qui crée la surprise à Paris, comparé aux résultats nationaux. En effet, elle ne totalise que 5,54% des suffrages (contre les 23,1% nationaux) et arrive seulement en sixième position.En effet, dans la capitale française, seuls deux candidats dépassent la barre des 10% : Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui emporte 30,09% des suffrages, ce qui représente moins de 60 000 voix d'écarts entre les deux politiciens.

Eric Zemmour arrive en troisième position, avec un score proche de son score national (8,16% à Paris contre 7,07% au niveau national). Le parti écologiste, emmené par Yannick Jadot, a, quant à lui, réussi à convaincre 7,61% des Parisiens.Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France, a reçu 6,59% des voix etAnne Hidalgo, pourtant Maire de Paris, n'a pas dépassé pas le seuil des 5%, puisqu'elle n'a engrangé que 2,17% des suffrages.

Paris, un vote à part

Depuis 2001 et Bertrand Delanoë, la Ville de Paris est ancrée à gauche. En 2016, sa première adjointe Anne Hidalgo, lui succède. Le vote parisien est emprunt de cet enracinement. En 2012 comme en 2017, les candidats plutôt assimilés à gauche sont plébiscités. À l'inverse, Marine Le Pen reste reléguée en fond de cour avec à peine 6% en 2012 et moins de 5% en 2017 au premier tour.

En 2017, dans la bataille ayant opposé Emmanuel Macron à Marine Le Pen, les Parisiens avaient plébiscité sans détour le candidat En Marche avec 89,68% des voix, contre 10,32% pour Marine Le Pen. À l'échelle du pays, Marine Le Pen avait obtenu 33,90% des suffrages, soit 12 points de plus qu'au premier tour. Le scandale qui avait touché François Fillon en pleine campagne avait totalement modifié la dynamique de celle-ci. Malgré tout, il était arrivé en seconde position au premier tour dans la capitale avec 26,45% des voix, contre 20% sur l'ensemble de la France, et une troisième place éliminatrice.Jean-Luc Mélenchon (19,56%) se partageait la troisième et la quatrième place avec Benoît Hamon (10,18%).

En 2012, le duel entre Nicolas Sarkozy (Président sortant, crédité de 48,36 %) et François Hollande (51,64 %) avait été serré au niveau national. Mais les Parisiens avaient été plus tranchés. Ancrés à gauche, ils avaient largement plébiscité François Hollande en lui accordant leur confiance avec 55,60% des voix. Le premier tour de l'élection présidentielle avait été plus équivoque. François Hollande et Nicolas Sarkozy ne souffraient que de 2 points d'écarts. Ils totalisaient à eux deux près de 70% de l'électorat parisien. Juste derrière eux, Jean-Luc Mélenchon dépassait à peine la barre des 11%.

Pourquoi peut-on obtenir les résultats en direct en Belgique ?

La loi française encadre très strictement les règles électorales.

En vertu de l’article 2 de la loi électorale du 19 juillet 1977, à compter du vendredi minuit précédent le scrutin (présidentiel ou autre), plus aucun média français n'est autorisé à donner la parole à un candidat. Ils ne peuvent plus non plus diffuser des résultats de sondages ou encore tenir des débats en lien avec l'élection. Cette interdiction concerne également les citoyens et les militants. Elle se poursuit jusqu'au dimanche soir 20h. Un contrevenant à cette règle risquerait 75 000 d'euros d'amende s'il donnait des indications avant.Seule entorse à cette règle : le taux de participation est connu tout au long de la journée.

Cette règle permet de garantir la liberté du vote. Il faut attendre que tous les bureaux de vote soient fermés (20h dans les grandes villes) pour avoir les résultats prévisionnels. Ils sont établis grâce aux bulletins déjà dépouillés dans les bureaux fermés à 18h. Dès 20h, les premières estimations sont données et le vainqueur est en général connu. Les chiffres réels et définitifs ne sont donnés que le lendemain après dépouillement de tous les bulletins (voir plus en cas de désaccord ou de score très serré).

Mais cette règle française... ne s'applique qu'en France. La Belgique n'est pas soumise à cette loi. Ainsi, dès la fin d'après-midi du second tour du dimanche 24 avril, vous pouvez retrouver les premières estimations de votes pour l'élection présidentielle sur La Libre .

Temps fort de campagne : les grands moments de l'élection présidentielle française 2022

Le résultat de ce premier tour de scrutin semblait attendu et a des airs de déjà-vu. Mais cette campagne 2022 n'a pas été sans surprise ni rebondissements.

Le polémiste Eric Zemmour par sa candidature, est venu remuer les lignes. Il s'inscrit à l'extrême droite de l'échiquier politique française. Une partie de sa campagne s'est axée sur la préférence nationale et la question de l'immigration. Très incisif dans ses propos, il séduit les nationalistes. En novembre dernier, puis en février, il est crédité de 16,5% d'intention de vote et s'inscrit à l'époque parmi les candidats susceptibles de se retrouver au second tour. Marine Le Pen en fait les frais : des barons RN (Rassemblement National, ex-FN), dont sa nièce Marion Maréchal, rejoignent Eric Zemmour. Finalement, cette candidature remet la question nationaliste au cœur des débats. Contre toute attente, elle est très utile à Marine Le Pen : elle apparaît dès lors comme plus modérée que le chroniqueur. Bénéficiant de meilleurs résultats dans les sondages et face à la montée du candidat Mélenchon, elle reçoit le soutien de nombreux électeurs qui ne croient plus en la droite républicaine de Valérie Pécresse, pas plus qu'en la candidature d'Eric Zemmour. Les 7% d'électeurs convaincus par Zemmour constituent désormais une réserve de voix utile pour Marine Le Pen, puisque le candidat malheureux a appelé ses partisans et partisanes à voter pour elle.

Le Président sortant, Emmanuel Macron , est resté et reste cependant favori tout au long de la campagne. Malgré une "non-campagne" au départ, il aura fait la course en tête dans les sondages depuis le début. Le déclenchement de la guerre en Ukraine aura pourtant perturbé son planning. Extrêmement sollicité sur la scène internationale, il est contraint d'annuler son premier grand meeting à Marseille le 5 mars. Il officialise sa quête de réélection par une lettre ouverte adressée aux Français la veille de la clôture des candidatures, mais participe peu aux débats. Ce premier tour est principalement celui de ses militants. Il s'affiche en chef de l'état, qui garde le cap dans la crise majeure que traverse l'Europe.

À l'image d'Anne Hidalgo avec le Parti socialiste, la républicaine Valérie Pécresse ne trouve pas son style. Son premier meeting est catastrophique. Elle n'arrive pas à convaincre ses propres électeurs et le Président Nicolas Sarkozy ne lui apportera jamais son soutien officiel. Elle fait l'objet d'attaques dans ses propres rangs. Pour la première fois dans toute l'histoire de la Vème République, un candidat Républicain ne dépasse pas le seuil des 5% des suffrages. Les grands partis historiques français semblent éteins, ou du moins en très grande difficulté.

Jean-Luc Mélenchon est sans conteste le troisième homme de cette élection : il est apparu comme le candidat le plus solide pour les électeurs de gauche. Anne Hidalgo a peiné à convaincre et sa campagne n'a jamais véritablement décollé. La gauche peine à se rassembler autour d'un projet commun : lorsqu'Anne Hidalgo invite à une primaire, son idée est rejetée. Elle n'atteind d'ailleurs pas 2% des voix lors de ce premier tour de scrutin et se place en dixième position sur douze candidats et candidates.

Yannick Jadot, qui s'était désisté au profit de Benoît Hamon (PS) en 2017, peine lui aussi à séduire. Malgré un engouement pour la question de l'écologie, il souffre de l'image trop parcellaire des Verts.D'autant plus que Jean-Luc Mélenchon se revendique lui aussi d'un programme écologiste. C'est donc ce dernier qui apparaît comme crédible aux yeux des électeurs de gauche. Il bénéficie de l'effet des « votes utiles », tout comme Marine Le Pen, mais passe à côté du second tour avec 400 000 voix d'écart avec Marine Le Pen. Le représentant de la France Insoumise a exhorté ses partisans et partisanes de n'offrir aucune voix à cette dernière : tous les yeux sont désormais rivés vers ses électeurs qui seront la clé du second tour.

Le second tour de l'élection présidentielle française se tiendra le 24 avril 2022. Même si Emmanuel Macron semble crédité d'une nette avance dans les sondages, rien n'est encore acté. Rendez-vous en fin d'après-midi le jour du scrutin, sur le site de La Libre , pour les premières estimations de résultats dès la sortie des urnes.

Sur le même sujet