Présidentielle 2022: les cinq choses à retenir du second tour

Le président sortant Emmanuel Macron réélu, l'extrême droite au plus haut ou encore les Antilles et la Guyane qui ont massivement soutenu la RN Marine Le Pen: voici cinq choses à retenir du second tour de la présidentielle.

Cinq ans de plus !

Emmanuel Macron est réélu pour cinq ans à la présidence de la République grâce à une nette victoire sur son adversaire Marine Le Pen. Selon les estimations, le président sortant a obtenu autour de 58% des voix, soit environ 16 points d'avance. C'est la première fois qu'un président sortant est réélu depuis l'instauration du quinquennat en 2002 et hors cohabitation. "A résultat historique, responsabilité historique", a affirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

L'extrême droite au "sommet"

Troisième candidature consécutive à la présidentielle et troisième défaite pour Marine Le Pen. Autour de 42% des voix, elle réalise toutefois le meilleur résultat jamais atteint par un candidat d'extrême droite à l'Elysée. "Les idées que nous représentons arrivent à des sommets (...) Le résultat représente en lui-même une éclatante victoire", a-t-elle proclamé devant ses partisans après la publication des estimations. En 2017, elle avait recueilli près de 34% des voix. Son père Jean-Marie Le Pen en avait à peine obtenu 17,79% en 2002 face à Jacques Chirac, lorsque que l'extrême droite s'était qualifiée pour la première fois au second tour.

Troisième homme, troisième tour

Arrivé troisième lors du premier tour, ratant de près de 400.000 voix la deuxième place, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a immédiatement appelé à la mobilisation pour les législatives prévues en juin. "Le troisième tour commence ce soir, le 12 et 19 juin un autre monde est encore possible si vous élisez une majorité de députés de la nouvelle union populaire qui doit s'élargir", a-t-il affirmé. Marine Le Pen a aussi "lancé la grande bataille des législatives", son porte-parole Louis Aliot prônant "un bloc populaire" contre "un bloc élitaire".

Une abstention en hausse

Comme au premier tour, l'abstention a été forte dimanche, sans battre pour autant le record de 1969. Selon les estimations, elle s'est située autour de 28%, soit un peu plus d'un électeur sur quatre qui a boudé les urnes. L'abstention a gagné 2,5 points par rapport à il y a cinq ans (25,44%). Et elle a également augmenté de 1,7 point par rapport au premier tour du 10 avril (26,31%). Jamais une abstention aussi forte n'a été enregistrée à un second tour d'une présidentielle, à l'exception du record de 1969, quand les électeurs de gauche avaient, à l'appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre "bonnet blanc et blanc bonnet" (Georges Pompidou et Alain Poher).

Ces Outre-mer qui votent Le Pen

"Cette France trop oubliée, nous, nous ne l'oublions pas", a assuré Marine Le Pen, en guise de remerciement pour le soutien obtenu dans les Outre-mer. Elle est arrivée en tête au second tour de l'élection présidentielle en Guadeloupe avec 69,6% des voix, en Martinique (60,87%), à Saint-Barthélemy (54,73%), en Guyane (60,70%), ainsi qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon (50,69%). A l'inverse, Emmanuel Macron est arrivé en tête dans les territoires du Pacifique, comme au premier tour, à 61,04% en Nouvelle-Calédonie, à 51,80% en Polynésie française et à 67,44% à Wallis et Futuna.

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