Condamné pour violences conjugales, Jérôme Peyrat (LREM) annonce le retrait de sa candidature aux législatives

Le candidat LREM aux législatives Jérôme Peyrat, condamné en 2020 pour des violences envers une ex-compagne, a annoncé à l'AFP mercredi retirer sa candidature après une série de critiques dans la classe politique.

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Le candidat macroniste s'est retiré après une série de critiques.
Le candidat macroniste s'est retiré après une série de critiques. ©AFP

"J'entends que ma candidature aux élections législatives pourrait porter atteinte à ma famille politique. Je la retire", a indiqué l'ex-candidat dans la 4e circonscription de Dordogne. "J'invite chacune et chacun à regarder précisément les faits qui me sont reprochés, la décision de justice et les autres décisions prises dans cette affaire", souligne-t-il.

Jérôme Peyrat avait été condamné en septembre 2020 à une amende de 3.000 euros avec sursis dans une affaire de violence envers une ex-compagne, causant 14 jours d'ITT.

Selon France Bleu, son ex compagne avait quant à elle écopé d'amendes de 500 et 800 euros pour des appels et SMS malveillants à M. Peyrat et à des proches.

"L'alliance de la mauvaise foi, des raccourcis partisans et de la bonne conscience a peu de frais, amplifiée par des canaux digitaux où l'anonymat le dispute à l'ignorance des procureurs d'occasion, amalgame un épisode de ma vie sur lequel je me suis largement expliqué, avec une violence qui m'est totalement étrangère", affirme cet ancien conseiller à l'Elysée dans son communiqué.

Son investiture avait provoqué des secousses jusque dans la majorité avec la candidature dissidente de la députée LREM sortante Jacqueline Dubois.

Elle a aussi valu une polémique au délégué général LREM Stanislas Guerini pour des propos tenus sur France Info mercredi matin.

Le responsable LREM a décrit Jérôme Peyrat comme "un honnête homme. Je ne crois pas qu'il soit capable de violences sur les femmes", avait-il estimé : "Si j'avais la conviction ou même le soupçon qu'on a affaire à quelqu'un qui puisse être violent et coupable de violences sur les femmes, jamais je n'aurais accepté cette investiture-là".

Des propos qui ont fait bondir l'opposition, notamment la LFI Mathilde Panot, qui a dénoncé une "honte" et un "naufrage".

"Je mesure que les propos que j'ai tenus ce matin (...) ont pu heurter et blesser", a réagi dans l'après midi Stanislas Guerini sur Twitter. "Je veux réaffirmer ici avec force un engagement total de la majorité présidentielle pour soutenir la libération de la parole des femmes".

"Pour ne laisser aucune place à l'ambiguïté sur nos engagements, j'ai échangé avec Jérôme Peyrat ce jour, et nous avons convenu ensemble qu'il retire sa candidature", conclut M. Guerini.

Dans le sillage du mouvement MeToo, les accusations de violences faites aux femmes ont surgi de manière inédite dans la campagne des législatives de juin: outre le retrait de Taha Bouhafs à LFI, plusieurs candidats sont sous le feu des critiques.