"Quel crétin à tous points de vue!": à Grenoble, le burkini autorisé à la piscine met le feu aux poudres

Le chef du PC Fabien Roussel a critiqué mercredi le maire de Grenoble (EELV) Eric Piolle pour avoir relancé la controverse sur le burkini, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol l'accusant frontalement de "polluer la campagne" des législatives et y voyant "une victoire des intégristes".

"Quel crétin à tous points de vue!": à Grenoble, le burkini autorisé à la piscine met le feu aux poudres
©AFP

Le conseil municipal de Grenoble a donné son feu vert lundi au port du burkini dans les piscines municipales, après un vote serré sur un thème clivant, au coeur d'une polémique nationale depuis des semaines.

"Je regrette que le maire de Grenoble Eric Piolle en fasse une affaire nationale, instrumentalise cette affaire pour des raisons politiques internes, de congrès des Verts" ou autre, a déploré sur Europe 1 le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

"Je suis contre le fait qu'une piscine, un service public, favorise une revendication religieuse", a encore critiqué l'ancien candidat à la présidentielle, qui aurait "privilégié le retrait de cette délibération qui n'avait rien à faire là, parce que, au minimum, on en parle avec l'ensemble des maires de son territoire et on évite d'instrumentaliser un tel sujet".

"Quel crétin à tous points de vue !" s'est de son côté indignée sur France 2 Laurence Rossignol, à propos d'Eric Piolle, qui soutient comme elle l'accord de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes).

"D'habitude on dit que l'extrême droite apporte dans les campagnes électorales, le burkini, la burqa, le voile, et on pense que ça pollue le débat politique, cette fois-ci, ça ne vient pas de l'extrême droite, ça vient d'un maire écolo de Grenoble, sur le timing, je suis sidérée, ça pollue la campagne, et puis sur le fond, il a tort", a expliqué Mme Rossignol, qui avait d'abord soutenu la candidature d'Arnaud Montebourg à la présidentielle avant de rallier celle d'Anne Hidalgo.

Selon Mme Rossignol, Piolle "est tombé dans un piège avec visiblement un grand bonheur" en cédant "aux revendications religieuses, politiques qui émanent d'associations ou de groupes assez minoritaires dans la religion" et "c'est une victoire des intégristes".

"La République doit résister aux revendications religieuses parce que c'est sans fin et ça vise à la déstabiliser", a mis en garde la sénatrice de l'Oise, soulignant que ces associations "ont un agenda, aujourd'hui le burkini, ensuite il y a l'abrogation de la loi de 2004 sur le foulard à l'école, enfin l'obligation de neutralité des fonctionnaires".

Selon elle, "il y a un déni de ce qu'est l'offensive religieuse dans ce pays" et "c'est un débat qui est dans la gauche, il faut le purger à un moment donné ou à un autre, et là, ça n'aide pas".

Selon un sondage Ifop pour le Point réalisé du 13 au 16 mai, 69% des Français se déclarent défavorables à une éventuelle légalisation du burkini. Dans le détail, 76% des électeurs RN y sont opposés, 71% des électeurs de la majorité présidentielle et 58% de l'électorat Nupes.