Pour sa première sortie, Borne invite les femmes à "rêver" et avoir "confiance" en elles

Pour son premier déplacement dans les habits de Première ministre, Elisabeth Borne s'est appuyée jeudi sur son "parcours de vie difficile" pour jouer la carte de l'égalité des chances, en invitant les femmes rencontrées aux Mureaux (Yvelines) à "rêver" et avoir "confiance" en elles.

Pour sa première sortie, Borne invite les femmes à "rêver" et avoir "confiance" en elles
©AFP

Cheffe de gouvernement depuis lundi, mais toujours à la recherche de ses ministres, Mme Borne était attendue sur le casting de sa future équipe, et a d'ailleurs été assaillie de questions par la presse sur ce sujet, sans livrer en retour de détails ni sur ses intentions, ni sur le calendrier. "On prendra le temps qu'il faut pour avoir la meilleure équipe", s'est-elle contentée de répondre.

Des termes qui résonnent avec ceux du chef de l'Etat qui affirmait au même moment à l'Elysée que la constitution d'un gouvernement "requiert du temps, des échanges de fond (...) donc autant de temps qu'utile et nécessaire".

Dans cette banlieue des Yvelines, où Emmanuel Macron avait prononcé un important discours à l'automne 2020 sur le séparatisme islamiste mais aussi sur "les promesses d'émancipation" de la République, Mme Borne a préféré continuer à colorer son début de mandat avec le sujet de l'égalité femmes - hommes. Une priorité affichée du premier quinquennat de M. Macron, dont "on ne peut pas dire qu'on a fini le dossier. Il reste beaucoup de combats", a remarqué Mme Borne.

Celle qui n'est que la deuxième femme à accéder à Matignon, après Edith Cresson (1991-1992), avait déjà dédié sa nomination "à toutes les petites filles", lors de la passation de pouvoirs lundi avec Jean Castex.

"Je dois tout finalement à la République et à notre pays et donc c'est pour ça que ça me tient à coeur, cette chance qu'on peut avoir dans notre pays de réaliser ses rêves (..) malgré le fait qu'on n'a pas les réseaux, qu'on n'a pas les codes et qu'on n'a peut-être pas eu la bonne adresse", a ainsi souligné jeudi Mme Borne.

S'adressant à des représentantes d'associations locales et nationales, Mme Borne, peu connue du grand public, en a profité pour rappeler sa propre trajectoire, marquée par le suicide de son père, ancien déporté, alors qu'elle n'avait que 11 ans.

"Je suis celui que vous cherchez"

"Moi j'étais attirée par les sciences (...) Quand on a un parcours de vie difficile, ce qui est mon cas - il peut vous arriver des événements pas très agréables dans la vie personnelle - les sciences, ça a un côté rassurant", a-t-elle raconté.

"Et puis, j'ai eu aussi un rôle modèle, une maman qui s'est retrouvée toute seule à élever ses deux filles", a ajouté celle qui devint par la suite pupille de la nation, obtint une bourse d'études puis fut diplômée de Polytechnique.

Échangeant tour à tour avec des lycéennes, étudiantes ou jeunes entrepreneures, Mme Borne leur a ainsi martelé: "Le point de départ, c'est avoir un rêve et avoir confiance en soi. Et il ne faut surtout pas écouter ceux qui vous disent: +ce métier-là ou cette voie n'est pas faite pour toi+".

Au-delà des messages de motivation, elle en a aussi profité pour ironiser sur l'assurance des hommes dans le monde professionnel... tout en invitant à ne pas faire le lien avec la formation de son gouvernement.

"A chaque fois que j'ai eu à recruter des gens (...) sans référence à une actualité du moment, vous êtes assez surpris de voir qu'il y a des messieurs qui vous disent +j'ai absolument aucun problème, je suis celui que vous cherchez+ et vous dites: +ça ne m'avait pas sauté aux yeux+", s'est-elle amusée.

"Et puis vous avez des femmes à qui vous devez dire +vraiment, vous êtes la bonne personne+ et vous disent +ah non, franchement, il me manque beaucoup de choses", a-t-elle déploré.

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